Elevage
Ç Les Mains qui Rvent È 
Onoz introduction et images
La vierge de Campitelli
Le 17 juillet 524 Galla, fille
dĠun praticien romain aperut une grande lumire suspendue dans sa chambre.
Elle en fit part au Pape Jean Ier qui vint sur place. Deux anges lui
remirent alors une image peinte
lĠor trs fin sur un saphir de grande taille reprsentant Jsus dans les bras
de la Vierge. Ds lors, la peste
qui svissait Rome cessa [5].
Galla convertit son palais en
glise et y plaa lĠimage miraculeuse.
Le rvrend pre Arsne
Odoardy
N en 1652, a Pignerol (Pimont
Italien, franais de 1631 1693) dĠun pre militaire originaire de Valence, il
est lev Lyon puis rentre dans les ordres.
En 1702 il fit un plerinage Rome
aux tombeaux des aptres.
En 1706 il y fit faire une
copie de lĠimage sainte de la vierge de Campitelli sur une tablette de cyprs
de dix pouces de haut et sept et demi de large.
Le Pape Clment XI bnit cette
reproduction et accorda des indulgences ceux qui la visiteraient.


LĠimage du manuel de
plerinage
Le vitrail de la chapelle Sud
Le rvrend Pre parcouru alors
lĠEurope pour y chercher un asile pour son image. En cours de route il constata
des prodiges :
-
A
Vienne (Autriche) il pria lĠimage de sauver des nautonniers de eaux du
Danube : cela se produisit.
-
A
proximit de Coblence (Allemagne) lĠimage drouta des voleurs.
Arriv Dole, en 1732, le marquis de Balay lui
offrit un terrain Marigna pour
construire une chapelle ddie la Vierge de Campitelli. Le roi de France
refusa cette possibilit.
A Onoz, le baron dĠArnans (dont
la famille tait aussi originaire de Pignerol) lĠaccueillit et lui offrit lĠhospitalit dans son chteau, sige
de la mairie actuelle (le chteau de Virechatel tant alors en ruine depuis
presque un sicle).
Le rvrend pre y habita dans
la chambre au Sud Ouest et dposa sa pieuse image lĠglise et vint y prier
rgulirement.
Le plerinage dĠOnoz tait dj
actif, car en 1680 plus de 6000 plerins venaient dj le 8 septembre y vnrer
une statue miraculeuse de la Vierge, 50 ans avant la venue du pre Odoardi. Le
plerinage connut alors un regain de clbrit et des miracles se
produisirent : deux infirmes de la paroisse furent guris, un muet retrouva
la parole É
Histoire de
Notre Dame dĠOnoz prs dĠOrgelet en Franche Comt (Jura) par Mr.lĠAbb Dalod
dĠOrgelet Directeur Aumonier du Lice Lamartine
Macon
Imprimerie
dĠEmile Protat
1875 :
A Notre Dame
dĠOnoz
Marie
Mre de Dieu
conue sans pchs
Humblement
prostern au pied du trne sublime de notre gloire sans tches, je viens vous
offrir et vous ddier ce petit ouvrage, que jĠai crit en votre honneur. Je
vous supplie, ma bonne et tendre Mre, de bien vouloir le recevoir sous vos
aimables auspices. Il mĠaurait fallu une plume dĠor pour publier vos louanges
et raconter vos bienfaits, elle me manque, Divine Vierge, et cependant que je
ne me sens pas dcourag. Soutenez ma faiblesse, enrichissez ma pauvret ;
le sentiment de mon indigence ne peut imposer silence mon cÏur.
Mre de Clmence
et de misricorde, abaissez un regard de complaisance et de bont, et versez
vos abondantes bndictions sur toutes les personnes qui lisent cet opuscule.
Daignez,
glorieuse Souveraine du ciel et de la terre, sous lĠempire de laquelle je veux
vivre et mourir, agrer ce petit travail comme un nouveau gage du respect
profond, de la confiance sans bornes et de lĠamour filial de celui qui a le
bonheur dĠtre
de Votre
Majest,
Le trs humble,
trs obissant et trs affectueux serviteur
LĠAbb Dalod
Orgelet, le 15
aut 1875
Onoz


Au-dessus des
premiers plateaux du Jura, au sud-est de la ville dĠOrgelet, en Franche Comt,
sĠouvre un vallon svre qui affecte dans ses sinuosits capricieuses, la forme
dĠune ellipse allonge. Des montagnes moussues, des bois sombres et
interminables, des rochers nus lĠenferment de toute parts. A lĠune des
extrmits de cette solitude alpestre,

un petit lac, aux contours
arrondis,tale au soleil ses eaux tranquilles et blanchissantes.

Vers le centre de la valle sĠlve
doucement un petit monticule, au sommet duquel la pit de nos pres lv un
modeste sanctuaire la Mre de Dieu.

Quelques chemins
pratiqus dans les anfractuosits des montagnes donnent accs cette paisible
retraite. Rien nĠen trouble le silence, si ce nĠest la voix du torent qui
vient, au-del de la montagne voisine briser, deux cent quarante pieds de
profondeur, ses eaux sonores contre la Roche-qui –Brut (cueil fameux dans
la rivire dĠAin).
Ce triste
murmure, propre nourrir la mlancolie dans lĠme rveuse, inspire parfois une
vague terreur au jeune montagnard de la contre. Il croit entendre les dbats
et les bruyantes causeries des esprits qui frquentent ces lieux sauvages.
CĠest l, cĠest
au centre de ce dsert si favorable la prire et la contemplation que la
reine du ciel se plait, depuis des sicles, manifester sa puissance et son
amour aux tristes exils de cette terre.
Autour de son
sanctuaire, quelques demeures hospitalires, quelques blanches mtairies, aux
flancs des cteaux, se sont ouvertes aux plerins, et ce groupe dĠhabitations
modestes, cĠest le village de MarieÉcĠest Onoz.

Anciennet du
plerinage

LĠorigine du
plerinage Notre dame dĠOnoz parat remonter une antiquit dj
respectable. Il nous est tomb entre les mains un ouvrage qui en reporte la
dte aux premiers sicles du christianisme.
Tout ce pays
semble avoir t lĠasile privilgi du culte druidique. La profondeur des
forts, les sommets abrupts des montagnes, des lacs solitaires, des fontaines
sacres, les chnes sculaires, les pierres leves au culte superstitieux de
Teutats, dont Orgelet le ville sainte, tait le centre vnr.
Onoz, avec ses
forts, son lac, ses fontaines autour du monticule o se trouve aujourdĠhui
lĠglise tait soumis sans doute, comme les pays circonvoisins, Montjouvent,
Marnizia, ect.., lĠaction druidique, et tout porte croire quĠau moment o
le christianisme vint clairer ces lieux de sa bienfaisante lumire, un
sanctuaire fut lev la Vierge Immacule sur les ruines dĠun temple consacr
aux impurs mystres dĠune desse du paganisme. Telle est la pense de lĠauteur
des origines de la Squanie.
Quelques
respectables que soit le sentiment de notre intressant crivain, nous nĠosons
pas le suivre dans les hasards de ses sa vantes
interprtations.
Pour admettre
quĠun plrinage chrtien a succd un plrinage paen, il nous faudrait
dĠautres preuves que des inductions plus ou moins ingnieuses. Laissons donc
les recherches prhistoriques aux privilgis de la science. Pour nous simples
mortels, tenons-nous en lĠhistoire.
Louis XIV venait
de conqurir la franche Comt sur la Maison dĠEspagne (1674). Six ans aprs
cette dte remarquable, on comptait dj par milliers, dit un savant auteur,
les plerins qui, de toutes les provinces voisines, se rendaient annuellement
(6000 dit-on) au sanctuaire de Notre dame dĠOnoz. Ce fait seul bien constat,
nous suffit pour affirmer que lĠorigine du plerinage remonte un temps bien
antrieur la conqute (LĠglise dĠOnoz tait dj paroissiale en 1184 :
In pago Biunteusi Exlessiam dĠAunays, et celle de Plaisia en 1165 Villa
Plaisiaci, eum Exclesia Ç Dip de Frderic Barberousse È).


Mais le commencement
du XVIII sicle vit se lever, sur le modeste sanctuaire que la religion
sculaire de nos aeux avait environn de ses rspects, une aurore plus
resplendissante que jamais. La divine Vierge, toujours attentive aux vÏux de
ceux qui lĠaiment et qui lĠimplorent, voulut enrichir son temple dĠun nouveau
trsor de grces et de bndictions.
Voici quelle fut
lĠoccasion de cette nouvelle manifestation de sa puissance et de son amour.



La Vierge de
Campitelli
Sous les rgnes de
lĠempereur Justin, Constantinople, et de Thodoric, roi des Lombards, en
Italie, vivait Rome une dame illustre par ses vertus. On la nommait Galla.
Elle tait fille
du patrice Simmaque. Dieu voulut rcompenser ses bonnes Ïuvres par un prsent
digne de sa pit.
Un jour ,
cĠtait le 17 juillet 524, ayant aperu dans sa chambre une grande lumire qui
demeurait suspendue, et ne pouvant comprendre cette merveille, elle courut au
Vatican en faire part au saint pape Jean 1. Le Pontife se transporta chez elle,
accompagn de son cortge ordinaire et dĠune foule du peuple.
A peine est-il
t introduit dans lĠappartement de Galla que lĠon vit, parmi les rayons de
gloire, deux sraphins portant une image o Jsus –Christ tait
reprsent entre les bras de la sainte Vierge.
( lĠimage
apporte Rome par les anges est peinte sur une pierre prcieuse que les
connaisseurs prennent pour un saphir dĠune paulme de longueur et dĠune largeur
presque gale. Ç le volume de ce saphir est tout aussi miraculeux que
lĠapparition de la sainte image È Les traits dĠun or trs fin,
reprsentent le buste de Marie avec son fils, au cou duquel une croix est
suspendue ; il lve la main droite et tient de lĠ autre un livre coll sur sa poitrine. LĠimage
est place sous un arc soutenu par deux colonnes dĠun ordre tonique elle est
comme entoure de deux branches dĠolivier. Le cadre est sem de roses et de
petites croix ; les cls des saints aptres, Pierre et Paul paraissent de
chaque ct, prs des chapiteaux. La copie rvre Onoz est conforme ce
prcieux original Ç ancienne histoire È )
Elle descendit
entre les mains du pape, qui sĠtait prostern et qui fondait en larmes. Les
anges sĠapprochrent de lui tout coup, et lui confirent ce trsor quĠil
montra ensuite aux assistants, comme un gage de la protection divine dans un
temps o la peste dpeuplait toute lĠItalie. En effet ce cruel flau cessa ds
ce jour.
En mmoire de
cette heureuse dlivrance et pour honorer le don de dieu, Galla convertit son
palais en une glise quĠelle fit btir avec la dernire magnificience.
(Sous le nom de
Sainte Marie in Portieu, aujourdĠhui in Campitelli)
Elle fit placer
lĠimage miraculeuse dans le lieu mme o elle sĠtait fait voir la premire
fois, environne dĠune clart cleste.
Cette dame gnreuse,
non contente de laisser sa maison la sainte Vierge qui lĠavait choisie pour
sa demeure et celle de son divin fils, lui lgua encore tous ses biens, et le
mme pape, ayant consacr lĠglise, y attacha des indulgences et de grands
privilges, confirms depuis par un grand nombre de ses successeurs. Ce
monument de la pit de Galla tant tomb en ruines dans le XI sicle, Grgoire
VII le rtabli et le consacra de nouveau.
La contagion qui
fut chasse le jour o descendit la sainte image, reparut en Italie sous le
pontificat de saint Grgoire. Elle causa, jusque dans Rome, des ravages fort
rapides. Le grand pape pour en arrter le cours, employa le mme remde que
Jean avait mis en usage. Il se rendit dans lĠglise o reposait la Vierge
miraculeuse, quĠil porta processionnellement dans la Basilique des saints
aptres. Elle en fut rapporte le lendemain, et le mal cessa entirement. Les
papes Galixte III et Adrien VI ont prouv le mme effet en renouvellant cette
pieuse crmonie; et cĠest une chose bien remarquable que Rome ait t dlivre
de tous les malheurs qui la menacaient ou qui lĠaffligaient, toutes les fois
quĠon sĠest adress la sainte Vierge, dans son glise favoritee
(Tout ce
chapitre est extrait dĠune ancienne histoire de notre dame dĠOnoz. Il est le
rsum dĠun mmoire italien, imprim en latin Rome lĠan 1675 chez Michel
Tercole.
LĠauteur cite
des chartes conserves dans lĠglise de Campitelli, des manuscrits, des
historiens en grand nombre.)
Le R. P. Odoardy
Sur le versant
oriental des Alpes sĠlve Pignerol, ville moins remarquable par sa population
et son commerce que par ses remparts et sa forteresse redoutable. Ce fut l que
vers le milieu du XVII sicle (1652), naquit Andr Arsne Marie Odoardy. Il
avait peine dix ans, lorsque les portes du chteau-fort de sa ville natale
sĠouvrirent un prisonnier mystrieux, le Masque de fer, et se refermrent sur
lui pendant vingt-quatre ans. Issu dĠune famille minemment chrtienne, le
jeune Odoardy fut lev dans les sentiments dĠune pit tendre et claire. Sa
vertueuse mre sut lui inspirer pour la Vierge divine un amour si vif et filial
quĠil devint comme lĠme et la boussole de toute sa vie. Elev la dignit
sacerdotale, au sortir de lĠadolescence, il sut en honorer et en remplir avec
zle les fonctions sacres. LĠauguste sacrifice surtout tait lĠaliment
quotidien de son me ; son cÏur plus rapproch de celui de Jsus,
sĠenflammait davantage pour sa divine mre.
Cependant un
secret et pieux enthousiasme lĠemporte vers la ville ternelle; il veut faire
son plerinage aux tombeaux des aptres et visiter les sanctuaires de la ville
sainte.
Il arrive
Rome. Dans ses pieuses prgrinations travers la capitale du monde chrtien,
le souvenir des martyres sucombant sous la dent des btes froces dut se
prsenter son me ardente, et le Colise fut certainement le but de lĠun de
ses plerinages quotidiens.
Un jour aprs
avoir descendu les rampes du Capitole et visit la prison Mamertine, il se
rend, travers le forum, lĠamphithatre romain. A la vue de ces ruines
colossales, son cÏur est saisi dĠune respectueuse frayeur. Il pntre dans
lĠarne jusquĠau pied de la croix monumentale qui sĠy dresse comme un trophe
de victoire. Il se prosterne et couvre de ses baisers cette terre sacre qui a
bu le sang gnreux de tant de martyres de la foi chrtienne.
Aprs avoir fait
sa prire et satisfait toutes les ardeurs de sa pit, il se relve pour
continuer sa course. A peine a-t-il march quelques temps , quĠil se trouve en
face de lĠglise Sainte Marie in Campitelli. La Vierge sraphique de Galla,
dont il a entendu raconter les merveilles dans sa jeunesse. Plein de joie et
dĠesprance, il entre dans ce sanctuaire vner et va se prosterner aux pieds
de la sainte image. Plusieures heures sĠcoulent dans cette attitude de respect
et de prires.
Que se
passa-t-il dans ce colloque intime de la divine Vierge avec son dvou
serviteur ? Dieu seul le sait, Dieu seul pourrait nous dire les sublimes
beauts quĠentrevit son regard. Les maternelles paroles quĠentendirent ses
oreilles et les affectueuses tendresses dont son cÏur fut inond.
Au sortir de ce
mystrieux entretien, pouss par un secret mouvement de la grce, il va
demander un asile aux ermites de la congrgation de saint Luc et de
lĠinstitution de saint Issac de Syrie. La solitude et la contemplation
souriaient cette me aimante. La Vierge de Campitelli avait pour toujours
fix et arrt son cÏur ; plus de vingt ans de sa vie furent consacrs
dans cette pieuse retraite, la contemplation de ses grandeurs et
lĠimitation de ses vertus.
Plein de la plus
tendre dvotion pour la miraculeuse image de Galla, le R.P .Arsne
nĠoublia rien pour sĠen procurer une copie fidle . Cette entreprise nĠtait
pas sans difficults. LĠautorit romaine tient cette prcieuse relique sous
trois clefs prohibitives, et rarement on fait lĠouverture de lĠarche sainte o
elle est renferme. Le R.P. surmonta tous les obstacles par lĠentremise de
plusieurs amis distingus, entre autres le cardinal Landre Coloreda. Une copie
en fut tire exactement dĠaprs lĠoriginal, et elle eut lĠavantage de le
toucher. Ensuite ayant t prsente au pape Clment XI, le souverain pontife
la bnit, accordant de vive voix une indulgence pour la dernire heure ceux
qui visiteraient et auraient en vnration cette prcieuse copie.
Voici la
traduction de la lettre dĠenvoi crite au R.P.Arsne par son commissionaire.
Ç Mon
Rvrend Pre
JĠai fait faire
le portrait de lĠimage de Notre dame in Portieu, comme vous le souhaitiez.
Je vous ai dj envoy
le mmoire de ce quĠil a cot. La copie est trs conforme lĠoriginal et mme
elle lĠa touch.Je lĠai porte notre saint pre le pape Clment XI qui lĠa
bnie et a concd lĠindulgence lĠarticle de la mort, comme vous le trouverez
marqu derrire lĠimage. Je vous lĠenvoie par le coche en me recommandant vos
prires.
JĠai lĠhonneur
dĠtre, mon Rvrend Pre, votre trs humble et trs obissant serviteur.
Dominique
Canonimo
Oratorien de
Saint Philippe de Nri
Rome le 1er
mai 1706 È
Ce petit tableau
fut peint sur une tablette de cyprs dĠun pouce dĠpaisseur, de dix pouces de
haut et de sept pouces et demi de largeur, et derrire laquelle on lisait une
inscription latine dont voici la traduction :
Ç Cette
image de la bienheureuse Vierge Marie in Portieu fut peinte sur une tablette de
cyprs par Augustino Galpinio, Carpigna. Elle toucha lĠoriginal dans lĠglise
de Sainte Marie, vulgairement appele in Campitelli, Rome, le jour de
lĠImmacule Conception huit des ides de dcembre. Notre saint pre le pape
Clment XI la bnit y attachant une indulgence lĠarticle de la mort
Rome anne de la
Rdemption du monde MDCCV È
On y lisait
encore une seconde inscription latine dont voici galemment la
traduction :
Ç Cette
image que le P. Andr Odoarchy, piumontais , fit xcuter ses frais,
touch lĠoriginal et a reu, avec la bndiction du pape Clment XI, la faveur
dĠune indulgence plnire lĠarticle de la mort pour tous ceux qui la
visiteraient pieusement
8 dcembre
1705 È
Un manuscrit du
temps donne de ce petit tableau la description suivante :
Ç Cette
image est peinte sur bois de fond en azur ; la sainte Vierge est assise et
le saint Enfant Jsus est sur son bras. Le tout est dor ainsi que les
ornements qui garnissent le tableau. Il est renferm dans un cadre dor qui a
une glace au-devant comme un reliquaire qui sĠouvre
Manuscrit de
1717 1760 È
Voyages du R.P.
Arsne
CĠest vers cette
poque, en 1706, que notre pieux ermite se prit voyager dans lĠintrt de son
ordre. Fort de lĠappui de la divine Vierge dont il possde la prcieuse copie,
il sĠen va travers lĠEurope, accompagn de quelquĠuns de ses frres,
cherchant un asile pour sa madone vnre. CĠest sous la protection de cette
anglique image quĠil veut mettre une nouvelle colonie de son ordre dont il a
le dessein de jeter quelque pqrt les fondements. Les plaines de la Lombardie se
montrent indiffrentes ses projets, et ce petit groupe dĠmigrants sĠavance
jusque dans la capitale de lĠAutriche. La cour de Vienne ne se montre pas plus
favorable, et bien que nantis des fonds ncessaires(3000 fr.), les ermites
Isaciens voient leur demande rejete.
Ce refus
inattendu nĠbranle ni les esprances ni le courage de P. Arsne . Il se
rappelle que la cleste Vierge, son arrive Bethlem, nĠa pu trouver
dĠasile et que les portes des htelleries se sont fermes devant elle.
Il parat
que,dans ses longues prgrinations ,le P. Odoardy avait conu quelques
inquitudes au sujet de sa sainte image. La crainte de lĠgarer, de la perdre, de
se la laisser voler lĠengagea la confier lĠun de ses amis. Il la dposa
momentanment entre les mains du chamoine Canapuchi. Mais toute amiti nĠest
pas un sur garant de fidlit. Le chamoine expose dĠabord la sainte image la
vnration de son peuple. Des grces signales furent plusieurs fois obtenues
par ceux qui venaient, en priant, contempler les traits de la Reine du Ciel.
Tout heureux de
possder ce trsor, Canapuchi se laissa facilemment aller la pense que le P.
Arsne absent depuis longtemps, avait oubli son dpt et quĠil en tait devenu
propritaire. Il nĠen fut pas ainsi, le R.P. arriv Vienne, rclama son image
protectrice ; le chamoine fit opposition et Odoarchy lui dputa alors un
de ses frres Jean Baptiste Trabusbi du diocse de Cme, pour le revendiquer
hautement. Canapuchi cda, et renvoya la sainte image son vritable
propritaire avec la lettre suivante :
Ç Mon
Rvrend Pre, je vous renvoie lĠimage de la sainte Vierge, que vous mĠaviez
laisse en dpt. CĠest bien malgr moi et tout mon peuple quĠelle vous est
rendue ; elle faisait de grands miracles ; elle a chass les dmons
et guri les infirmes. Les paroissiens avec le chapitre avaient fait btir une
glise pour lĠexposer la vnration publique.
En nous
lĠenlevant, vous emportez notre cÏur et notre pit. Nous comptions que vous ne
la rcupreriez pas, persuads que Dieu la destinait notre ville o il a
opr , son occasion, tant de merveilles. Ne mĠoubliez pas dans vos
prires ; vous avez grande part aux miennes.
Je suis mon trs
R.P. votre affectionn serviteur
Dominique
Canapuchi,
Chamoine et cur
de la ville de Latre
A Latre, diocse
de Montluon
Le 17 juin
1708 È
Ce trsor avait
t restitu au anachorte avant sa sortie de Vienne, puisquĠilmontre que sĠtant
embarqu sur le Danube , une barque qui remontait le fleuve avec la sienne,
sĠengagea imprudemment dans les courants rapides qui la poussaient contre les
cueils. Prs de l un gouffre immense o se prcipitaient les flots tumultueux
entrouvrait ses abmes. LĠquipage en dtresse luttait inutilement contre les
eaux entranantes.
Le P. Arsne,
entendant les cris dĠalarme de ses compagnons de voyage, se mit en prire
devant son image sacre quĠil emportait dans une caisse. Aussitt le danger
sĠvanouit et la barque rejoignit celle du R.P. au grand tonnement des
nautonniers joyeux et reconnaissants.
D. Arsne assure
encore avoir t lui-mme dlivr dĠune manire miraculeuse, lorsque, ayant
quitt les bords du fleuve pour entrer dans une voiture publique et continuer
sa route par terre, les chevaux sĠemportrent, le char fut renvers et les
voyageurs roulrent dans la poussire, meurtris et contusionns. Plusieurs,
R.P. et le cocher entre autres taient sur le point dĠtre crass sous les
roues du vhicule, lorsque aprs une invocation fervente et rapide adresse
la Vierge de Campitelli, deux inconnus se prsentrent, ils oprrent le
sauvetage et disparurent lĠ instant.
La sainte image se garantit une fois
elle-mme contre de sacrilges profanateurs. CĠtait un jour de Fte Dieu, lĠan
1715 ; le R.P. se trouvait aux environs de Goblentz, dans un dsert o
lĠarchevque de Trves dsirait pouvoir le fixer. Il se rend la ville , ce
jour l pour assister la procession. Pendant son abscence des voleurs sĠintroduisirent
violemment dans sa cellule et brisrent toutes les armoires, esprant y trouver
de lĠ argent. La caisse qui renfermait la sainte relique ne fut pas pargne.
Au moment o ils la considraient avec des yeux profanes la Vierge parut
environne dĠune splendeur blouissante . Ce spectacle inattendu les pouvanta,
et, ils prirent la fuite sans rien enlever. LĠermite de retour, trouva sa
maison en dsordre , et il aperut des rayons de lumire autour de la sainte
image, la cellule en tait toute claire. Deux italiens, frres Arsne et
frre Jacques Ginet, que le R.P. avait dans sa suite furent les tmoins de
cette merveille et le chef des brigands interrog peu de temps aprs en fit un
aveu qui ne doit pas paratre suspect, il fut interrog par les sieurs Pierre
Fer de Wilich et Dieudonn Dulion.
Cet accident ne laissa pas dĠinquiter
Arsne sur le risque que courait son trsor. Il ne le crut plus en suret dans
sa solitude ; il le porta secrtement chez un ami quĠ il avait dans une
ville voisine, homme distingu par son rang et sa pit, mais un peu broulli
avec la fortune, ses affaires taient dans un dsordre qui le
dsesprait ; elles prirent une autre face ds quĠil se vit dpositaire du
trsor; Il prouva le sort dĠ Obbddon qui possda pendant quelques mois
lĠArche dĠAlliance quand les Philistins lĠeurent renvoye, le sieur Jean
Canaris conseiller de Comme, sur la Moselle, il lĠy a dpos de fait ainsi que
son pouse nomme Gertrude.
Mais la
providence rservait un autre asile au portrait vnr de la Mre de Dieu. Le
solitaire quitte les parages de Goblentz et se dirige vers la Franche Comt. Il
arrive Dle, la ville aristocratique, la ville au Parlement, et l une noble
famille, au sein de laquelle la charit la plus large a toujours t une vertu
hrditaire, acceuille lĠanachorte plerin. M. le marquis de Balay lui ouvre
sa porte hospitalire. LĠclat des vertus du pieux solitaire, bien plus encore
que le triste rcit de ses dceptions et de ses courses infructueuses travers
lĠEurope, attire lĠattention des habitants de la cit francomtoise. Un jeune
homme de Dle se fait son disciple sous le nom de Dom Issac et le noble marquis
leur cde dans sa terre de Marigna, un espace assez grand pour y lever une
chapelle sa Vierge bien aime et un ermitage. Le P.Odoardy adresse aussitt
au Roi une requte pour tre autoris accepter ce don gnreux. Mais , O
Dception, plus douloureuse encore que la premire, sa demande est rejete (3
mars 1732).
Le R.P. Arne
Onoz
Nous touchons au
moment o notre courageux plerin arrive sa dernire tape.
Tout prs du lac
dĠOnoz, au sommet dĠun pic escarp, sĠlevait lĠorient. LĠimposante
forteresse de Virechatel. Elle tait au XVIII sicle la redoutable rsidence de
Csar de Saix, baron dĠ Arnans, gentilhomme pimontais, qui tait venu offrir
ses services la Franche Comt pour la dfendre contre les armes de Louis
XIII.
Le courage
chevaleresque et les hauts faits dĠarmes du sire de Virechatel avaient rendu
son nom populaire. Arnans et Lacuson taient alors les cris dĠespoir et de
ralliement auxquels rpondaient tous ceux qui sĠintressaient au salut de la
patrie menace.
Mais
vicissitudes des choses humaines ! Les armes de Louis XIII sĠavancent, et
le marchal de camp du Saix, poursuivi par les manÏuvres de la jalousie,
abreuv de dgouts et de dceptions, accabl par le nombre quitte son chteau
et se retire de lĠautre ct de la rivire, sur un plateau solitaire, et l,
debout, il a la douleur de voir les flammes dvorer sa chre forteresse et
dĠentendre les cris de joie de la soldatesque jetant lĠinsulte au courage
malheureux (24 aut 1639).
Virechatel ne
fut compltement ruin quĠaprs la conqute. On retrouve le baron dĠArnans
guerroyant au milieu de ses ruines, jusquĠau 27 fvrier 1674. Ce nĠest quĠ
cette poque quĠil disparat.
Csar de Saix
sĠclipse et disparat, laissant sa famille, avec lĠclat dĠun beau nom, sa
terre seigneuriale dĠOnoz qui lui avait t apporte en dot par Antide Hlne
Morel dĠOrgelet sa premire pouse.
La famille
dĠArnans originaire de Pignerol, nĠtait pas inconnue du P. Arsne. Aussi , ce
nĠtait pas sans un certain sentiment de fiert que lĠermite en entendait
chanter les gloires.
Les enfants
dĠune mme patrie se sentent instinctivement attirs les uns vers les autres,
surtout lorsquĠils sont sur un sol tranger. La patrie est une mre, dont les
fils sont dĠautant plus unis quĠils sont plus loigns de son influence
maternelle. P. Arsne , dans lĠabandon et la dtresse, se rfugia dans ce
sentiment patriotique, et ce fut l le principe de son salut et le germe de
toutes nos gloires.
Une heureuse
pense , en tout semblable une inspiration, vint traverser son me inquite.
Il a lĠheureuse ide de demander, pour sa sainte image et pour lui, un coin de terre
ses puissants compatriotes. La demande est agre et le nouveau chef de cette
famille (aussi un baron dĠArnans) lĠinvite venir Onoz partager sa demeure.
LĠermite reoit
avec bonheur cette heureuse nouvelle et fait immdiatemment ses prparatifs de
dpart.
De Dle, o il
tait vraisemblablement rest dans lĠintrt de sa demande au Roi de France, le
P.Odoardy charg de son divin trsor, se dirige vers Onoz, avec son disciple.
Le chemin ordinaire des plerins sĠoffrait naturellement lui. Il passa donc
par Orgelet, traverse les plaines de France, et sĠenfonce dans le sombre dfil
qui doit le conduire son mystrieux dsert.
Deux montagnes,
couvertes de bois pais, sĠlvent paralllement droite et gauche prs de
deux cents pieds. Elles ne laissent leurs bases quĠun petit espace o se
droulent les anneaux tortueux dĠun chemin abrupt et rocailleux. CĠest plutt
le lit dĠun torrent quĠune voie praticable. Des arbres de haute futaie laissent
peine pntrer quelques rayons de soleil.
De temps
autres, les fontaines caches dans la mousse offrent aux voyageurs fatigus
leurs ondes rafraichissantes. Au deux tiers de la route, les bois se retirent
sur la droite, et laissent entrevoir une habitation solitaire qui tait comme
une sentinelle avance de la sublime forteresse ou la gardienne de lĠentre du
dsert.
Cependant les
montagnes sĠabaissent sous les pas de nos voyageurs, le jour commence
renatre, les bois disparaissent. Le miroir du lac scintille, et le sanctuaire
de Notre dame, au fond de ce vallon, semble fermer ce mlancolique paysage.


Les deux
plerins arrivent Onoz. Le baron dĠArnans les acceuille avec les gards et la
respectueuse amnit que lui inspirent leurs vertus et leur persverance. La
maison seigneuriale leur est ouverte. Ils en peuvent disposer pour leur
monastre. A peine arriv dans la modeste chambre qui sera dsormais sa
cellule, le R.P. Arsne se rend au sanctuaire de Notre Dame. Un simple autel
sĠlve sous lĠarceau de la chapelle de droite, et cĠest l quĠil dpose enfin
et pour jamais sa prcieuse image.
CĠest l quĠil
viendra, chaque jour, pancher son me, aux pieds de sa Vierge bien-aime,
laquelle, depuis sa jeunesse, il a donn son cÏur et consacr sa vie.
Il nous serait
doux de redire ici quelque chose de ce qui sĠest pass lĠombre de cet arceau
vnr. Prires ferventes, vives aspirations, consultations surabondantes du
saint anochorte. Dieu seul en est le confident et le dpositaire et, semblable
la divine vierge, lĠermite a tout conserv dans son cÏur. Voici cependant ce
que lĠon nous donne comme sa premire prire :
Ç Vierge
sainte, au milieu de vos joies glorieuses, nĠoubliez pas les douleurs de la
terre; jetez un regard de tendresse et de bont sur ceux qui sont encore dans
le souffrance. Luttant contre les difficults et trempant leurs lvres dans
toutes les amertumes de la vie. Ayez piti de lĠenfant qui marche ignorant au
devant de tous les dangers du monde; de la mre qui craint de survivre ceux
quĠelle a mis au monde et qui craint aussi de les laisser orphelins de la
jeunesse qui pleure chaque esprance perdue; de lĠge mr qui comprend et qui
craint lĠavenir en songeant au pass; de la vieillesse imprudente qui entasse
jour sur jour sans en peser le prix.
Ayez piti de
ceux qui pleurent, de ceux qui prient, et donnez tous lĠesprance et la paix.
Ainsi
soit-il È
Ds ce moment,
le plerinage Notre Dame dĠOnoz acquit une grande clbrit et prit une
extension extraordinaire.
La rputation de
saintet du pieux anachorte sĠtait tendue de proche en proche jusque dans
les contres voisines. Les prodiges nombreux et clatants oprs par
lĠentremise de la cleste Vierge avaient attir lĠattention des populations
environnantes.
La Bresse, la
Bourgogne, le Bugey envoyrent de nombreuses dputations lĠautel de la
miraculeuse image.
Que de gurisons
obtenues, que de malheurs conjurs, que dĠpouses heureuses et consoles, que
dĠenfants engendrs la vie de la nature et de la grce , que de familles
combles.
Il nous est
facile de citer ici des noms propres, dĠindiquer des localits, des dtes et
mme jusquĠaux demeures de ceux que la bienheureuse vierge a visit dans sa
misricorde et son amour. Transcrivons textuellement quelques pages de
lĠancienne histoire

Ds que la
sainte image a t fixe dans lĠglise dĠOnoz :
Deux infirmes de
la paroisse en ont ressenti les premires faveurs.Ils taient entirement
perdus lĠun et lĠautre. Le premier, Jean-Baptiste Carel, depuis quinze ans ne pouvait
faire un pas quĠ lĠaide de deux bquilles; le second Claude Masson, g de
quatre-vingts ans tait clou depuis longtemps sur un lit de douleurs. Ils
sentirent leurs forces renatrent aux pieds de la sainte Vierge laquelle ils
sĠtaient vous, aujourdĠhui tous deux marchent fort librement; ils sont venus
me rendre compte de leur gurison( Claude Masson avait 86 ans lĠpoque o
lĠancienne histoire a t mise en criture).
Plusieurs
tmoins oculaires mĠont assur celle dĠun tranger qui marchait avec une jambe
de bois, la jambe naturelle tant replie et soutenue sous cet tai. Il la
quitta et nĠeut besoin dĠaucun secours pour sĠen retourner. Ce nĠtait pas
un mendiant que lĠon pourrait
souponner dĠimposture pour exciter la compassion.
Le bruit de ces
merveilles sĠtant rpandu, une hospitalire de Louhans, sÏur Royer, entreprit
le voyage dĠOnoz. On lĠapporta sur des brancards lĠglise ou les forces lui
revinrent de manire pouvoir marcher sans tre aide de personne. Sa langue
empche depuis longtemps reprit lĠusage de la parole. Cent personnes qui
lĠavaient trouve perdue et muette, dans le lieu de sa rsidence et sur sa
route, furent surprises de son changement, et lĠon ne peut sĠempcher de
reconnatre dans sa gurison une assistance toute miraculeuse de la main de
Dieu.
Les maladies les
plus violentes et les plus opinitres sont la vrit susceptibles dĠun
soulagement successif; mais il nĠaura jamais la promptitude et les caractres
de celui-ci. Les circonstances du temps et du lieu sont aussi trs
remarquables. DĠo vient que la religieuse est soulage dans lĠglise dĠOnoz,
et prcisemment pendant la messe quĠelle y fait clbrer afin dĠobtenir cette
faveur ? Si ce miracle nĠa pas le degr de certitude que demande
lĠauthenticit catholique, du moins les personnes pieuses et raisonnables ne
laisseront pas de se croire fondes lui donner leurs suffrages.
Une demoiselle
de la mme ville, Mlle Arnould, noue depuis six ans par un rhumatisme,
apprenant la dlivrance de lĠhospitalire, se sentit porte demander la
sienne. SĠtait fait porter devant la sainte image, elle lĠobtint par
lĠintercession de Marie. Elle a reconnu , par un tableau quĠelle a fait exposer
dans lĠglise dĠOnoz quĠelle tait redevable aussi dĠautres marques de sa reconnaissance.
Une dame de
Chalamont dans les Dombes ne crut pas que Marie se borna ces sortes de
dlivrances. Elle avait dans une de ses fermes un btail nombreux o la
mortalit sĠtait introduite. Cette contagion y faisait des progrs rapides; on
sĠattendait une dvastation gnrale. Du moment que la dame eut invoqu la
sainte Vierge, en faisant un vÏu son image dĠOnoz, la plaie cessa. On eut dit
que lĠange exterminateur, qui frappa les premiers ns de lĠEgypte avait remis
tout coup lĠpe au fourreau et que la colre de Dieu tait contrainte de
cder aux instances de sa divine Mre. M. de Seissel de Beauretour, poux de
cette dame, en rend tmoignage dans plusieurs lettres et par un tableau o ce
miracle est reprsent.
Tels sont les
faits rapports dans lĠancienne histoire de Notre Dame dĠOnoz, crite et
publie sans rclamations aucune, sous les yeux mme des personnes exauces. De
plus cette histoire est revtue dĠune approbation
Mort du R.P.
Odoardy
Le P. Arsne ,
acceuilli dans la maison fodale dĠOnoz, en avait fait son riche ermitage. Il
en avait reu une des chambres titre de cellule. CĠest l quĠil passa les
dernires annes de sa longue et pnible carrire, dans les pieux exercices de
la prire, de la contemplation et de la pnitence. Il touchait sa
quatrevingtime anne, lorsquĠune maladie mortelle vint sĠ abattre sur ce corps
dj us par les fatigues et par les rigueurs de la vie cnobilique. Sa
confiance , sans bornes sa divine image lui adoucit les dernires angoisses
de son agonie. Le chapelet entre les mains, il balbutiait encore quelques
prires sa Vierge de Campitelli, lorsquĠil rendit Dieu sa belle me avec son dernier soupir
le 2 juin 1736.
On montre encore
Onoz la cellule qui fut tmoin des derniers moments de ce glorieux serviteur
de Marie. CĠest une petite chambre qui ouvre sur la cour, lĠangle occidental
de la maison seigneuriale. Elle a conserv jusquĠ ce jour, son caractre
monacal. Un lit dans une modeste alcve, uen table et une chaise de sapin,
voil le riche ameublement de cette cellule.
Le rvrend
P . Arsne , suivant ses dsirs exprims dans un testament que lĠon
conserve encore Onoz, fut inhum au pied de sa miraculeuse image. Pendant
trente-huit ans, aucune pierre tumilaire nĠindique le lieu de sa spultuyre.
Seuls les genoux des plerins, imprims sur le sol marquaient lĠendroit o
dormait le saint ermite. Ce ne fut quĠen 1774 que fut grave sur la pierre
lĠpitaphe suivante quĠon y lit encore :
Ç D.O.M.
Andr Arsne
Marie
Odoardy
Pimontais de la
congrgation de St. Issac
Mort en odeur de saintet Onoz
Le 2 juin 1736
repose ici
Au pieds de
lĠimage miraculeuse de la sainte et apporte par lui en ce saint lieu.
Huma tumulum
mmorix jus dicavit Dns Grillet, parochus dĠOnoz die 1 jun 1774 È
Quelques
contestations sĠlevrent au sujet des dispositions testamentaires du saint
ermite. Il sĠagissait de quelques reliques prcieuses quĠil avait apport
dĠItalie, et notamment de la miraculeuse image que sa famille et son disciple
osaient revendiquer. LĠ archevque de Besanon intervint, et, le 8 avril 1743,
il rendit un dcret ainsi conu :
Ç Dclarons
que lĠimage de la bienheureuse Vierge, ci-devant appartenant au feu P. Arsne,
prtre ermite de la congrgation de Mont-Luc, et comme telle comprise dans
lĠinventaire de ses effets, et dpose entre les mains du sieur cur, sera et
demeurera perptuit en lĠglise paroissiale dĠOnoz. Permettons quĠelle y
soit expose publiquement la vnration du peuple È
Ce prcieux
dcret mit fin toutes les contestations souleves et donna au culte de la
divine image une conscration canonique.
Procession de la
Sainte Image(1744 ou 1745)
(manuscrit
ancien)
M. le cur
dĠOnoz et son glise restaient donc les dpositaires perptuels et autoriss de
la sainte relique. En reconnaissance de ce bienfait signal. M. Courvoisier,
alors cur conut le projet de porter triomphalement la sraphique image dans
un sanctuaire voisin. Orgelet fut dsign comme le but de cette marche
triomphale. Au jour indiqu, le peuple dĠOnoz et des paroisses voisines se
rendent en hauts de fte au sanctuaire de Notre Dame. Les cloches donnent le
signal du dpart. La bannire paroissiale est dploye et ouvre la marche. Les
jeunes filles, vtues de blanc, la suivent en chantant des cantiques la
divine Vierge ; les jeunes gens , une fleur des champs dans la main ou
la boutonnire, en redisent les refrains joyeux. Les hommes, les femmes,
chargs des provisions de la journe, les vieillards le bton la main,
environnent la sainte image qui resplendit sur la poitrine du pasteur. La joie
et lĠallgresse sont dans tous les cÏurs.

Cependant les
longues files de ce cortge sĠenfoncent dans les gorges de France. Les chants
alors se multiplient, les voix se dcuplent et saluent de loin la Mre de Dieu
qui sĠavance dans ces solitudes sonores.

Les montagnes elles-mmes semblent
saluer la Mre de Dieu son passage ; leurs chos redisent longtemps les
hymnes de triomphe de ces heureux villageois. On traverse la plaine de France,
et lĠon arrive la hauteur de lĠermitage de Charles de ST.Mauris qui fonda
lĠermitage dĠOrgelet en avril 1622.
De l, la ville
dĠOrgelet, assise en circuit au pied de la montagne que couronne son chteau en
ruines, apparat presque toute entire leurs regards. Les maisons ; son
monastre ( les bernardines firent leur entre Orgelet le 7 dcembre 1652 un
mardi ) , sa vaste glise avec son beffroi arien se laissent voir au-dessus
des remparts qui les enveloppent de leur ceinture gristre. Le bourdon de Notre
Dame de Grces fait entendre sa voix puissante et solennelle, et salue de loin
la Mre de Dieu qui sĠavance.
Aux portes de la
ville se prsente M. Muyard, cur, environn des vingt-quatre prtres de
corporation des familliers et dĠune foule imposante. LĠacceuil le plus empress
et le plus respectueux est fait la cleste image ainsi quĠ son pieux
cortge. Un cri dĠamour et de joie sĠchappe de toutes les pitrines : Ave
MaristellaÉ, et cĠest au chant de cet hymne sacr que la sainte Madone de
lĠermite italien est porte triomphalement lĠglise, o elle demeure expose
aux regards et la vnration des fidles jusquĠau moment du retour.
Aprs quelques
heures de repos, le bourdon se fait entendre de nouveau ; cĠest le signal
de dpart.Les jeunes filles de la ville, dans leurs blanches parures, les
corporations religieuses, les frres de la Croix, ave c leurs costumes
orientaux, les capucines qui sĠtablirent Orgelet en 1718. Le Clerg tout
entier, viennent grossir le cortge de la miraculeuse Vierge. Une procession
imposante se dveloppe travers les rues et les places de la ville , au chant
du Te Deum, et reprend le chemin dĠOnoz, jusquĠ lĠermitage.
Sur le versant
de cette petite colline, la foule se prosterne, et la divine Vierge bnit la
ville quĠelle vient de visiter et ses habitants receuillis ses pieds.
CĠest le moment
de la sparation. Les bannires de la ville regagnent leurs glises
respectives, et celle dĠOnoz prend la tte du retour.


Telle fut cette
journe si pieusement joyeuse et si pleine de douces motions.
Le sacrilge
A ce point de
notre rcit, nous sentons une douleur immense qui envahit notre me; notre main
tremble et notre cÏur se dchire; un
nuage de terreur et dĠpouvante obscurcit notre pense; cĠest ici quĠil faudrait
clre cette histoire !!!!
Eh quoi !
vingt ans de cette marche triomphale, il fut un jour o notre image bien-aime.
La Vierge de nos cÏurs, reprit le mme chemin; mais cette fois –ci, pour
ne plus revenir. Le rcit de cette triste journe est au-dessus de nos forces.
Nous dposons notre plume et nous laissons aux tristes hros de cet enlvement
sacrilge, le soin de raconter leur honte et de consigner dans un ignoble
monument lĠexpression authentique de leur ignorance, de leur audace et de leur
noire ingratitude.
Extrait du
registre des dlibrations de la commune dĠOnoz ( verso de la page 71)
Ç AujourdĠhui
24 ventouse lĠan second de la rpublique franaise une indivisible (14 mars
1794, vendredi ) en vertu dĠune signification en dte du 23 du courant par les
ordres qui ont elle remis au citoyen Levrat lieutenant de la gendarmerie
nationale, en vertu des ordres qui lui ont t transmis par le reprsentant du
peuple franais Lejeune requrant lĠagent national de la commune dĠOnoz dĠavoir
sous sa responsabilit personnelle dlivrer et faire remettre au citoyen
Guirant gendarme porteur des prsentes, la ci-devant Vierge dite dĠOnoz ainsi
que tous ses attributs grille etcÉ
Nous maire et
agent national tant accompagns de notre greffe ordinaire pour nous conformer
aux ordres du citoyen franais Lejeune avons dlibr de lui remettre
lĠinstant tous les objets ci-dessus mentionns. Et pour cet effet nous nous
sommes transports chez le citoyen Grillet, lĠinstant nous a remis la cl et
un livre en langue inconnue nous et lĠinstant nous avons remis les dits
effets au citoyen gendarme ci-dessus dnomm et avons en mme temps ordonn
quĠil serait accompagn par un piquet de notre garde nationale jusquĠ telle
distance quĠelle jugerait propos.
Ainsi fait
Onoz en notre salle ordinaire les ans, mois et jours que dessus.
Poulet
municipaux, Muyard maire, Bernard municipaux Meynier agent. C. Buffet , C.
Greffie È
Voil cette page
honteuse o la faiblesse la plus lche le dispute lĠignorance la plus
grossire.
Eh quoi !
fiers rpublicains, une image pse trop votre orgueilÉ, et vous
tremblez ! La Vierge divine qui protgeait vos demeures et vos familles,
vous la chassez ! Elle tait la gloire et lĠhonneur de votre pays et vous
renoncez cette sublime et pacifique distinction que nous enviaient les
localits voisines !
Vous dpouillez
et vous humiliez ce peuple quĠelle avait protg et lev ! Et vous vous
dites les amis du peuple ! Non seulement vous avez rpudi celle qui nous
comblait de faveurs spirituelle, mais vous avez renonc aux richesses que vous
apportaient les milliers de plerins qui affluaient dans vos murs ! Vous
avez appauvri ce peuple et vous vous dites ses amis !
Eh quoi !
Dans ces circonstances si douloureusement solennelles o dĠordinaire, tous les
courages se redressent, o tous les instincts gnreux se rveillent, o le
patriotisme sĠenflamme, pas un homme de bon sens pour parler au nom des
intrets du pays; pas un homme de cÏur pour repousser ce vandalisme sacrilge,
pas une main assez adroite pour oprer une subtitution; pas une voix assez
intelligente pour demander un sursis; pas un homme assez fort et assez
indpendant pour opposer la plus petite rsistance !
Oh cette page
insense sera lĠternelle honte du pays dĠalors. Il faudrait un torrent de larmes pour effacer ces
lignes coupables. Du reste les signataires de cet odieux factum sont descendus
dans la tombe ; Dieu les a jugsÉsilence !!!
On dit que le
lendemain, la miraculeuse image fut brle sur la place publique dĠOrgelet.
Le plerinage
actuel

Si la sainte
image que la pit des sicles, en Italie, en Autriche et en France , avait
consacre et avait rendue chre au peuple, ne peut chapper la prescription
dĠun reprsentant de la rpublique en dlire, la puissance de la divine Vierge
et son action miraculeuse sur ses dvots serviteurs ne souffrirent aucune
atteinte des attentats de cette rage aveugle. Celui qui est dans les cieux
sĠest moqu de leurs vains efforts. Les malheureux avaient oubli quĠils
sĠattaquaient Celle qui est plus redoutable que les troupes les plus
disciplines et plus forte que les armes ranges en bataille.
La sainte Vierge
avait choisi le sanctuaire dĠOnoz pour la manifestation de sa protection
puissante et de son amour sans bornes pour les humains. Des mchants lui ont
intim lĠordre de quitter sa demeure. Elle ne leur a pas obi. Que de
solennelles et clatantes actions de grces lui soient rendues.
Son sanctuaire
est debout, son autel vnr nous reste; le pieux solitaire qui dort encore
ses pieds, ces murs sacrs, tmoins muets de tant de prodiges, nous parlent
encore loquemment de sa puissance; de nombreux plerins les frquentent
encore. Toutes les misres physiques et morales sĠy donnent rendez-vous.
Toujours mmes prires exauces; toujours les mmes consolations, mmes
soulagements, mmes esprances. Il nous souvient dĠavoir vu de nombreux ex veto, simples, modestes, pauvres il
est vrai, mais prcieux tmoins de la foi et de la reconnaissance des plerins
consols.
Et puis ne possdons
– nous pas lĠimage vritable de la sraphique Vierge de Campitelli ?
Elle nĠest plus
la vrit peinte sur un bois de cyprs, mais elle est grave sur le
cuivre ; ce cuivre a touch lĠimage du saint anachorte, et notre foi
nĠest pas en dfaut lorsque nous honorons cette sainte relique.
Au reste, tout
et-il disparu: sanctuaire, autel, image, tombe et cellule du saint ermite,
tout ce pays se ft-il effondr et ft-il devenu un dsert, que si la reine du
Ciel veut y maintenir sa demeure, elle nĠen sera pas chasse par la puissance
des baonettes et encore moins en vertu dĠune dlibration rpublicaine .
Oui le
sanctuaire dĠOnoz est toujours la demeure chrie et vnre de la Mre de dieu,
de la reine des anges et des hoimmes.
QuĠil nous soit permis
de redire en finissant, les impressions dĠun simple plerin qui, au jour du
dernier plrinage original ( 21 aot 1873 ), avait lĠinsigne honneur de porter
la parole devant une foule immense rassemble autour de la montagne o sĠlve
aujourdĠhui la statue moderne de notre divine Mre.
Ç Si
remontant moins haut, je me reporte aux premiers ges de ma jeunesse (1825 ) ,
il me souvient dĠavoir vu, aux jours de ftes de la bienheureuse Vierge,
notamment la fte de sa Nativit, il me souvient , dis-je dĠavoir vu passer,
dans ma vieille cit natale, des groupes nombreux de plerins se dirigeant vers
le sanctuaire dĠOnoz.
Modestes et
pieux voyageurs, ils venaient des plaines de la Bresse, dĠune distance de
plusieurs jours, le bton de plerin la main droite, un chapelet la gauche
et le sac blanc de provisions sur lĠpaule; ils marchaient, ils priaient, ils
espraient. Etaient-ils attards ou surpris par la nuit, ils ne cherchaient pas
dĠautres lieux de repos que le porche ogival de lĠglise de Notre Dame
dĠOrgelet. Le lendemain la premire aurore, aprs avoir salu Notre Dame de
Grces, ils reprenaient leur chemin.
Qui de nous, mes
chers compatriotes, mes contemporains, nĠa pas vu ces prodiges de la foi
catholique o nĠen a pas entendu parler ?
Bergers des
localits voisines, dites-nous sĠil nĠest pas vrai quĠaux jours de fte de
Notre Dame dĠOnoz, vous choisissiez les plaines de France, de prference
toutes autres, pour faire patre vos troupeaux afin de jouir de lĠdifiant
spectacle de ces groupes receuillis se dirigeant pleins dĠesprances , vers le
sanctuaire dĠOnoz ?
Et vous
habitants du dfil de France, dites-nous
sĠil nĠest pas vrai que ces groupes pieux aprs avoir gravi les pnibles
rampes de la fort, alors que leur apparaissait ce sanctuaire si dsir,
dites-nous sĠils ne se prosternaient pas genoux, sĠils ne couvraient pas de
baisers cette terre bnie de laquelle ils devaient remporter les fruits de
salut et de bndictions. È
Oh o sont-ils
ces jours heureux ? Se sont-ils envols pour toujours avec les charmes
quĠils apportaient ?
Non mes frres,
la puissance de la Reine du ciel ne sĠest pas amoindrie, la vierge dĠOnoz nĠa
rien perdu ni de sa bont ni de son pouvoir. Pieux et vnrs plerins, mes
bien-aims frres, il me semble que des jours plus heureux vont se lever sur
nous. NĠest-il pas vrai que nous rvons dj de consolantes esprances ?
Ç O France,
ma patrie, la face auguste a t meurtrie, mais non dshonore, ton sol a t
souill sous le talon dĠune botte insolente, tes richesses se sont amoindries;
et, plus que cela, ta gloire, quatorze fois sculaire, sĠest clipse dans le
sang de tes gnreux enfants. Ah ! loin de toi les dfaillances de la
faiblesse, sache comprendre les avertissements du Trs-Haut; reviens, reviens
la foi pratique de tes anctres; conserve lĠesprance; car tu le vois, il te
reste encore des enfants pour prier, des cÏurs pour tĠaimer et des bras pour te
dfendre. È

Litanies de
Notre Dame dĠOnoz
Seigneur, ayez piti de nous ; ayez
piti de nous
Jsus ,ayez piti de nous ; priez
pour nous
Seigneur , ayez piti de nous ;
Jsus , coutez-nous ;
Jsus xaucez-nous ;
Fils cleste , qui tes Dieu ;
Fils rdempteur du monde, qui tes
Dieu ;
Esprit saint , qui tes Dieu ;
Sainte Trinit, qui tes un seul
Dieu ;
Sainte Marie ;
Sainte Mre de dieu ;
Vierge, la gloire de Campitelli ;
Vierge, dĠor et de saphir ;
Vierge, resplendissante de
lumire ;
Vierge, apporte la terre par les
sraphins ;
Vierge, dpose par eux dans les bras du
Saint Pre ;
Vierge, bnie par ses mains
vnres ;
Vierge, dĠun saint ermite ;
Vierge, espoir de la France ;
Vierge, prservatrice de toute
contagion ;
Vierge,dpositaire des faveurs du
Ciel ;
Vierge,secours des naufrags ;
Vierge,matresse des vents et des
orages ;
Vierge,soutien du voyageur ;
Vierge,esprance des poux
fidles ;
Vierge,tutrice des enfants pieux ;
Vierge,protectrice de nos montagnes et
de nos valles ;
Vierge,gardienne de nos maisons ;
Vierge,divine bergre de nos
maisons ;
Reine des cieux ;
Reine de lĠEglise ;
Reine dĠOnoz ;
Agneau de Dieu, qui effacez le pch du
monde ;
Pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez le pch du
monde ;
Exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez le pch du
monde ;
Ayez piti de nous,Seigneur.


Oraison
(telle quĠelle
se trouve au bas de la sainte image)
Souvenez-vous,
Vierge Marie, ma bonne Mre, quĠil est inoui que vous ayez jamais abandonn
aucun de ceux qui ont eu recours vous dans leur besoin, plein de cette
confiance, je rclame vtre protection, ne refusez pas dĠcouter mes soupirs,
dĠexaucer mes prires et de vous rendre propice mes vÏux.
Ainsi,soit-il.
Chant de
lĠermite son arrive Onoz
JĠai visit plus
dĠune plage,
Charg de mon
divin trsor ;
Aucune, ma
cleste image ;
Ne put offrir un
heureux port ;
Vous le vouliez
ainsi,ma Mre ;
CĠest votre
astre que jĠai suivi ;
Onoz tait le
sanctuaire ;