Elevage

  Ç Les Mains qui Rvent È 

 

 Onoz introduction et images

 

 

La vierge de Campitelli

 

Le 17 juillet 524 Galla, fille dĠun praticien romain aperut une grande lumire suspendue dans sa chambre. Elle en fit part au Pape Jean Ier  qui vint sur place. Deux anges lui remirent  alors une image peinte ˆ lĠor trs fin sur un saphir de grande taille reprŽsentant JŽsus dans les bras de la Vierge.  DŽs lors, la peste qui sŽvissait ˆ Rome cessa [5].

Galla convertit son palais en Žglise et y plaa lĠimage miraculeuse.

 

Le rŽvŽrend pre Arsne Odoardy

 

NŽ en 1652, a Pignerol (PiŽmont Italien, franais de 1631 ˆ 1693) dĠun pre militaire originaire de Valence, il est ŽlevŽ ˆ Lyon puis rentre dans les ordres.

En 1702 il fit un plerinage ˆ Rome aux tombeaux des ap™tres.

En 1706 il y fit faire une copie de lĠimage sainte de la vierge de Campitelli sur une tablette de cyprs de dix pouces de haut et sept et demi de large.

Le Pape ClŽment XI bŽnit cette reproduction et accorda des indulgences ˆ ceux qui la visiteraient.

 

LEAD Technologies Inc. V1.01

 

LĠimage du manuel de plerinage            Le vitrail de la chapelle Sud

 

Le rŽvŽrend Pre parcouru alors lĠEurope pour y chercher un asile pour son image. En cours de route il constata des prodiges :

-         A Vienne (Autriche) il pria lĠimage de sauver des nautonniers de eaux du Danube : cela se produisit.

-         A proximitŽ de Coblence (Allemagne) lĠimage dŽrouta des voleurs.

 

ArrivŽ ˆ  Dole, en 1732, le marquis de Balay lui offrit  un terrain ˆ Marigna pour construire une chapelle dŽdiŽe ˆ la Vierge de Campitelli. Le roi de France refusa cette possibilitŽ.

 

A Onoz, le baron dĠArnans (dont la famille Žtait aussi originaire de Pignerol) lĠaccueillit et lui offrit  lĠhospitalitŽ dans son ch‰teau, sige de la mairie actuelle (le ch‰teau de Virechatel Žtant alors en ruine depuis presque un sicle).

Le rŽvŽrend pre y habita dans la chambre au Sud Ouest et dŽposa sa pieuse image ˆ lĠŽglise et vint y prier rŽgulirement.

 

Le plerinage dĠOnoz Žtait dŽjˆ actif, car en 1680 plus de 6000 plerins venaient dŽjˆ le 8 septembre y vŽnŽrer une statue miraculeuse de la Vierge, 50 ans avant la venue du pre Odoardi. Le plerinage connut alors un regain de cŽlŽbritŽ et des miracles se produisirent : deux infirmes de la paroisse furent guŽris, un muet retrouva la parole É

 

 

 

Histoire de Notre Dame dĠOnoz prs dĠOrgelet en Franche ComtŽ (Jura) par Mr.lĠAbbŽ Dalod dĠOrgelet Directeur Aumonier du LicŽe Lamartine

Macon

Imprimerie dĠEmile Protat

1875 :

 

A Notre Dame dĠOnoz

Marie

Mre de Dieu conue sans pchŽs

Humblement prosternŽ au pied du tr™ne sublime de notre gloire sans t‰ches, je viens vous offrir et vous dŽdier ce petit ouvrage, que jĠai Žcrit en votre honneur. Je vous supplie, ma bonne et tendre Mre, de bien vouloir le recevoir sous vos aimables auspices. Il mĠaurait fallu une plume dĠor pour publier vos louanges et raconter vos bienfaits, elle me manque, Divine Vierge, et cependant que je ne me sens pas dŽcouragŽ. Soutenez ma faiblesse, enrichissez ma pauvretŽ ; le sentiment de mon indigence ne peut imposer silence ˆ mon cÏur.

Mre de ClŽmence et de misŽricorde, abaissez un regard de complaisance et de bontŽ, et versez vos abondantes bŽnŽdictions sur toutes les personnes qui lisent cet opuscule.

Daignez, glorieuse Souveraine du ciel et de la terre, sous lĠempire de laquelle je veux vivre et mourir, agrŽer ce petit travail comme un nouveau gage du respect profond, de la confiance sans bornes et de lĠamour filial de celui qui a le bonheur dĠtre

de Votre MajestŽ,

Le trs humble, trs obŽissant et trs affectueux serviteur

LĠAbbŽ Dalod

Orgelet, le 15 a™ut 1875

 

Onoz

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Au-dessus des premiers plateaux du Jura, au sud-est de la ville dĠOrgelet, en Franche ComtŽ, sĠouvre un vallon sŽvre qui affecte dans ses sinuositŽs capricieuses, la forme dĠune ellipse allongŽe. Des montagnes moussues, des bois sombres et interminables, des rochers nus lĠenferment de toute parts. A lĠune des extrŽmitŽs de cette solitude alpestre,

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

 un petit lac, aux contours arrondis,Žtale au soleil ses eaux tranquilles et blanchissantes.

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

 Vers le centre de la vallŽe sĠŽlve doucement un petit monticule, au sommet duquel la pitŽ de nos pres ˆ ŽlŽvŽ un modeste sanctuaire ˆ la Mre de Dieu.

 

 

Quelques chemins pratiquŽs dans les anfractuositŽs des montagnes donnent accs ˆ cette paisible retraite. Rien nĠen trouble le silence, si ce nĠest la voix du torent qui vient, au-delˆ de la montagne voisine briser, ˆ deux cent quarante pieds de profondeur, ses eaux sonores contre la Roche-qui –Brut (Žcueil fameux dans la rivire dĠAin).

Ce triste murmure, propre ˆ nourrir la mŽlancolie dans lĠ‰me rveuse, inspire parfois une vague terreur au jeune montagnard de la contrŽe. Il croit entendre les dŽbats et les bruyantes causeries des esprits qui frŽquentent ces lieux sauvages.

CĠest lˆ, cĠest au centre de ce dŽsert si favorable ˆ la prire et ˆ la contemplation que la reine du ciel se plait, depuis des sicles, ˆ manifester sa puissance et son amour aux tristes exilŽs de cette terre.

Autour de son sanctuaire, quelques demeures hospitalires, quelques blanches mŽtairies, aux flancs des c™teaux, se sont ouvertes aux pŽlerins, et ce groupe dĠhabitations modestes, cĠest le village de MarieÉcĠest Onoz.

 

    

 

 

AnciennetŽ du plerinage

 

LĠorigine du plerinage ˆ Notre dame dĠOnoz para”t remonter ˆ une antiquitŽ dŽjˆ respectable. Il nous est tombŽ entre les mains un ouvrage qui en reporte la d‰te aux premiers sicles du christianisme.

Tout ce pays semble avoir ŽtŽ lĠasile privilgiŽ du culte druidique. La profondeur des forts, les sommets abrupts des montagnes, des lacs solitaires, des fontaines sacrŽes, les chnes sŽculaires, les pierres levŽes au culte superstitieux de Teutats, dont Orgelet le ville sainte, Žtait le centre vŽnŽrŽ.

Onoz, avec ses forts, son lac, ses fontaines autour du monticule o se trouve aujourdĠhui lĠŽglise Žtait soumis sans doute, comme les pays circonvoisins, Montjouvent, Marnizia, ect.., ˆ lĠaction druidique, et tout porte ˆ croire quĠau moment o le christianisme vint Žclairer ces lieux de sa bienfaisante lumire, un sanctuaire fut ŽlevŽ ˆ la Vierge ImmaculŽe sur les ruines dĠun temple consacrŽ aux impurs mystres dĠune dŽesse du paganisme. Telle est la pensŽe de lĠauteur des origines de la SŽquanie.

Quelques respectables que soit le sentiment de notre intŽressant Žcrivain, nous nĠosons pas le suivre dans les hasards de ses sa vantes interprŽtations.

Pour admettre quĠun pŽlŽrinage chrŽtien a succdŽ ˆ un pŽlŽrinage pa•en, il nous faudrait dĠautres preuves que des inductions plus ou moins ingŽnieuses. Laissons donc les recherches prŽhistoriques aux privilgiŽs de la science. Pour nous simples mortels, tenons-nous en ˆ lĠhistoire.

Louis XIV venait de conquŽrir la franche ComtŽ sur la Maison dĠEspagne (1674). Six ans aprs cette d‰te remarquable, on comptait dŽjˆ par milliers, dit un savant auteur, les pŽlerins qui, de toutes les provinces voisines, se rendaient annuellement (6000 dit-on) au sanctuaire de Notre dame dĠOnoz. Ce fait seul bien constatŽ, nous suffit pour affirmer que lĠorigine du plerinage remonte ˆ un temps bien antŽrieur ˆ la conqute (LĠŽglise dĠOnoz Žtait dŽjˆ paroissiale en 1184 : In pago Biunteusi Exlessiam dĠAunays, et celle de Plaisia en 1165 Villa Plaisiaci, eum Exclesia Ç Dip de FrŽderic Barberousse È).

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Mais le commencement du XVIII sicle vit se lever, sur le modeste sanctuaire que la religion sŽculaire de nos a”eux avait environnŽ de ses rspects, une aurore plus resplendissante que jamais. La divine Vierge, toujours attentive aux vÏux de ceux qui lĠaiment et qui lĠimplorent, voulut enrichir son temple dĠun nouveau trŽsor de gr‰ces et de bŽnŽdictions.

Voici quelle fut lĠoccasion de cette nouvelle manifestation de sa puissance et de son amour.

 

 

La Vierge de Campitelli

 

Sous les rgnes de lĠempereur Justin, ˆ Constantinople, et de ThŽodoric, roi des Lombards, en Italie, vivait ˆ Rome une dame illustre par ses vertus. On la nommait Galla.

Elle Žtait fille du patrice Simmaque. Dieu voulut rŽcompenser ses bonnes Ïuvres par un prŽsent digne de sa pitŽ.

Un jour , cĠŽtait le 17 juillet 524, ayant aperu dans sa chambre une grande lumire qui demeurait suspendue, et ne pouvant comprendre cette merveille, elle courut au Vatican en faire part au saint pape Jean 1. Le Pontife se transporta chez elle, accompagnŽ de son cortge ordinaire et dĠune foule du peuple.

A peine est-il ŽtŽ introduit dans lĠappartement de Galla que lĠon vit, parmi les rayons de gloire, deux sŽraphins portant une image o JŽsus –Christ Žtait reprŽsentŽ entre les bras de la sainte Vierge.

( lĠimage apportŽe ˆ Rome par les anges est peinte sur une pierre prŽcieuse que les connaisseurs prennent pour un saphir dĠune paulme de longueur et dĠune largeur presque Žgale. Ç le volume de ce saphir est tout aussi miraculeux que lĠapparition de la sainte image È Les traits dĠun or trs fin, reprŽsentent le buste de Marie avec son fils, au cou duquel une croix est suspendue ; il Žlve la main droite et tient de lĠ autre un  livre collŽ sur sa poitrine. LĠimage est placŽe sous un arc soutenu par deux colonnes dĠun ordre tonique elle est comme entourŽe de deux branches dĠolivier. Le cadre est semŽ de roses et de petites croix ; les clŽs des saints ap™tres, Pierre et Paul paraissent de chaque c™tŽ, prs des chapiteaux. La copie rŽvrŽe ˆ Onoz est conforme ˆ ce prŽcieux original Ç ancienne histoire È )

 

Elle descendit entre les mains du pape, qui sĠŽtait prosternŽ et qui fondait en larmes. Les anges sĠapprochrent de lui tout ˆ coup, et lui confirent ce trŽsor quĠil montra ensuite aux assistants, comme un gage de la protection divine dans un temps o la peste dŽpeuplait toute lĠItalie. En effet ce cruel flŽau cessa ds ce jour.

En mŽmoire de cette heureuse dŽlivrance et pour honorer le don de dieu, Galla convertit son palais en une Žglise quĠelle fit b‰tir avec la dernire magnificience.

(Sous le nom de Sainte Marie in Portieu, aujourdĠhui in Campitelli)

Elle fit placer lĠimage miraculeuse dans le lieu mme o elle sĠŽtait fait voir la premire fois, environnŽe dĠune clartŽ cŽleste.

Cette dame gŽnŽreuse, non contente de laisser sa maison ˆ la sainte Vierge qui lĠavait choisie pour sa demeure et celle de son divin fils, lui lŽgua encore tous ses biens, et le mme pape, ayant consacrŽ lĠŽglise, y attacha des indulgences et de grands privilges, confirmŽs depuis par un grand nombre de ses successeurs. Ce monument de la pitŽ de Galla Žtant tombŽ en ruines dans le XI sicle, GrŽgoire VII le rŽtabli et le consacra de nouveau.

La contagion qui fut chassŽe le jour o descendit la sainte image, reparut en Italie sous le pontificat de saint GrŽgoire. Elle causa, jusque dans Rome, des ravages fort rapides. Le grand pape pour en arrter le cours, employa le mme remde que Jean avait mis en usage. Il se rendit dans lĠŽglise o reposait la Vierge miraculeuse, quĠil porta processionnellement dans la Basilique des saints ap™tres. Elle en fut rapportŽe le lendemain, et le mal cessa entirement. Les papes Galixte III et Adrien VI ont ŽprouvŽ le mme effet en renouvellant cette pieuse cŽrŽmonie; et cĠest une chose bien remarquable que Rome ait ŽtŽ dŽlivrŽe de tous les malheurs qui la menacaient ou qui lĠaffligaient, toutes les fois quĠon sĠest adressŽ ˆ la sainte Vierge, dans son Žglise favoritee

 

(Tout ce chapitre est extrait dĠune ancienne histoire de notre dame dĠOnoz. Il est le rŽsumŽ dĠun mŽmoire italien, imprimŽ en latin ˆ Rome lĠan 1675 chez Michel Tercole.

LĠauteur cite des chartes conservŽes dans lĠŽglise de Campitelli, des manuscrits, des historiens en grand nombre.)

 

Le R. P. Odoardy

 

Sur le versant oriental des Alpes sĠŽlve Pignerol, ville moins remarquable par sa population et son commerce que par ses remparts et sa forteresse redoutable. Ce fut lˆ que vers le milieu du XVII sicle (1652), naquit AndrŽ Arsne Marie Odoardy. Il avait ˆ peine dix ans, lorsque les portes du ch‰teau-fort de sa ville natale sĠouvrirent ˆ un prisonnier mystŽrieux, le Masque de fer, et se refermrent sur lui pendant vingt-quatre ans. Issu dĠune famille Žminemment chrŽtienne, le jeune Odoardy fut ŽlevŽ dans les sentiments dĠune pitŽ tendre et ŽclairŽe. Sa vertueuse mre sut lui inspirer pour la Vierge divine un amour si vif et filial quĠil devint comme lĠ‰me et la boussole de toute sa vie. ElevŽ ˆ la dignitŽ sacerdotale, au sortir de lĠadolescence, il sut en honorer et en remplir avec zle les fonctions sacrŽes. LĠauguste sacrifice surtout Žtait lĠaliment quotidien de son ‰me ; son cÏur plus rapprochŽ de celui de JŽsus, sĠenflammait davantage pour sa divine mre.

Cependant un secret et pieux enthousiasme lĠemporte vers la ville Žternelle; il veut faire son plerinage aux tombeaux des ap™tres et visiter les sanctuaires de la ville sainte.

Il arrive ˆ Rome. Dans ses pieuses pŽrŽgrinations ˆ travers la capitale du monde chrŽtien, le souvenir des martyres sucombant sous la dent des btes fŽroces dut se prŽsenter ˆ son ‰me ardente, et le ColisŽe fut certainement le but de lĠun de ses pŽlerinages quotidiens.

Un jour aprs avoir descendu les rampes du Capitole et visitŽ la prison Mamertine, il se rend, ˆ travers le forum, ˆ lĠamphithŽatre romain. A la vue de ces ruines colossales, son cÏur est saisi dĠune respectueuse frayeur. Il pŽntre dans lĠarne jusquĠau pied de la croix monumentale qui sĠy dresse comme un trophŽe de victoire. Il se prosterne et couvre de ses baisers cette terre sacrŽe qui a bu le sang gŽnŽreux de tant de martyres de la foi chrŽtienne.

Aprs avoir fait sa prire et satisfait toutes les ardeurs de sa pitŽ, il se relve pour continuer sa course. A peine a-t-il marchŽ quelques temps , quĠil se trouve en face de lĠŽglise Sainte Marie in Campitelli. La Vierge sŽraphique de Galla, dont il a entendu raconter les merveilles dans sa jeunesse. Plein de joie et dĠespŽrance, il entre dans ce sanctuaire vŽnerŽ et va se prosterner aux pieds de la sainte image. Plusieures heures sĠŽcoulent dans cette attitude de respect et de prires.

Que se passa-t-il dans ce colloque intime de la divine Vierge avec son dŽvouŽ serviteur ? Dieu seul le sait, Dieu seul pourrait nous dire les sublimes beautŽs quĠentrevit son regard. Les maternelles paroles quĠentendirent ses oreilles et les affectueuses tendresses dont son cÏur fut inondŽ.

Au sortir de ce mystŽrieux entretien, poussŽ par un secret mouvement de la gr‰ce, il va demander un asile aux ermites de la congrŽgation de saint Luc et de lĠinstitution de saint Issac de Syrie. La solitude et la contemplation souriaient ˆ cette ‰me aimante. La Vierge de Campitelli avait pour toujours fixŽ et arrtŽ son cÏur ; plus de vingt ans de sa vie furent consacrŽs dans cette pieuse retraite, ˆ la contemplation de ses grandeurs et ˆ lĠimitation de ses vertus.

Plein de la plus tendre dŽvotion pour la miraculeuse image de Galla, le R.P .Arsne nĠoublia rien pour sĠen procurer une copie fidle . Cette entreprise nĠŽtait pas sans difficultŽs. LĠautoritŽ romaine tient cette prŽcieuse relique sous trois clefs prohibitives, et rarement on fait lĠouverture de lĠarche sainte o elle est renfermŽe. Le R.P. surmonta tous les obstacles par lĠentremise de plusieurs amis distinguŽs, entre autres le cardinal LŽandre Coloreda. Une copie en fut tirŽe exactement dĠaprs lĠoriginal, et elle eut lĠavantage de le toucher. Ensuite ayant ŽtŽ prŽsentŽe au pape ClŽment XI, le souverain pontife la bŽnit, accordant de vive voix une indulgence pour la dernire heure ˆ ceux qui visiteraient et auraient en vŽnŽration cette prŽcieuse copie.

 

Voici la traduction de la lettre dĠenvoi Žcrite au R.P.Arsne par son commissionaire.

 

Ç Mon RŽvŽrend Pre

JĠai fait faire le portrait de lĠimage de Notre dame in Portieu, comme vous le souhaitiez.

Je vous ai dŽjˆ envoyŽ le mŽmoire de ce quĠil a cožtŽ. La copie est trs conforme ˆ lĠoriginal et mme elle lĠa touchŽ.Je lĠai portŽe ˆ notre saint pre le pape ClŽment XI qui lĠa bŽnie et a concdŽ lĠindulgence ˆ lĠarticle de la mort, comme vous le trouverez marquŽ derrire lĠimage. Je vous lĠenvoie par le coche en me recommandant ˆ vos prires.

JĠai lĠhonneur dĠtre, mon RŽvŽrend Pre, votre trs humble et trs obŽissant serviteur.

Dominique Canonimo

Oratorien de Saint Philippe de NŽri

Rome le 1er mai 1706 È

 

Ce petit tableau fut peint sur une tablette de cyprs dĠun pouce dĠŽpaisseur, de dix pouces de haut et de sept pouces et demi de largeur, et derrire laquelle on lisait une inscription latine dont voici la traduction :

 

Ç Cette image de la bienheureuse Vierge Marie in Portieu fut peinte sur une tablette de cyprs par Augustino Galpinio, ˆ Carpigna. Elle toucha lĠoriginal dans lĠŽglise de Sainte Marie, vulgairement appelŽe in Campitelli, ˆ Rome, le jour de lĠImmaculŽe Conception huit des ides de dŽcembre. Notre saint pre le pape ClŽment XI la bŽnit y attachant une indulgence ˆ lĠarticle de la mort

Rome annŽe de la RŽdemption du monde MDCCV È

 

On y lisait encore une seconde inscription latine dont voici Žgalemment la traduction :

 

Ç Cette image que le P. AndrŽ Odoarchy, piumontais , fit ŽxŽcuter ˆ ses frais, ˆ touchŽ lĠoriginal et a reu, avec la bŽnŽdiction du pape ClŽment XI, la faveur dĠune indulgence plŽnire ˆ lĠarticle de la mort pour tous ceux qui la visiteraient pieusement

8 dŽcembre 1705 È

 

Un manuscrit du temps donne de ce petit tableau la description suivante :

 

Ç Cette image est peinte sur bois de fond en azur ; la sainte Vierge est assise et le saint Enfant JŽsus est sur son bras. Le tout est dorŽ ainsi que les ornements qui garnissent le tableau. Il est renfermŽ dans un cadre dorŽ qui a une glace au-devant comme un reliquaire qui sĠouvre

Manuscrit de 1717 ˆ 1760 È

 

Voyages du R.P. Arsne

 

CĠest vers cette Žpoque, en 1706, que notre pieux ermite se prit ˆ voyager dans lĠintŽrt de son ordre. Fort de lĠappui de la divine Vierge dont il possde la prŽcieuse copie, il sĠen va ˆ travers lĠEurope, accompagnŽ de quelquĠuns de ses frres, cherchant un asile pour sa madone vŽnŽrŽe. CĠest sous la protection de cette angŽlique image quĠil veut mettre une nouvelle colonie de son ordre dont il a le dessein de jeter quelque pqrt les fondements. Les plaines de la Lombardie se montrent indiffŽrentes ˆ ses projets, et ce petit groupe dĠŽmigrants sĠavance jusque dans la capitale de lĠAutriche. La cour de Vienne ne se montre pas plus favorable, et bien que nantis des fonds nŽcessaires(3000 fr.), les ermites Isaciens voient leur demande rejetŽe.

Ce refus inattendu nĠŽbranle ni les espŽrances ni le courage de P. ArsŽne . Il se rappelle que la cŽleste Vierge, ˆ son arrivŽe ˆ BethlŽem, nĠa pu trouver dĠasile et que les portes des h™telleries se sont fermŽes devant elle.

Il para”t que,dans ses longues pŽrŽgrinations ,le P. Odoardy avait conu quelques inquitudes au sujet de sa sainte image. La crainte de lĠŽgarer, de la perdre, de se la laisser voler lĠengagea ˆ la confier ˆ lĠun de ses amis. Il la dŽposa momentanŽment entre les mains du chamoine Canapuchi. Mais toute amitiŽ nĠest pas un sur garant de fidlitŽ. Le chamoine expose dĠabord la sainte image ˆ la vŽnŽration de son peuple. Des gr‰ces signalŽes furent plusieurs fois obtenues par ceux qui venaient, en priant, contempler les traits de la Reine du Ciel.

Tout heureux de possder ce trŽsor, Canapuchi se laissa facilemment aller ˆ la pensŽe que le P. Arsne absent depuis longtemps, avait oubliŽ son dŽp™t et quĠil en Žtait devenu propritaire. Il nĠen fut pas ainsi, le R.P. arrivŽ ˆ Vienne, rŽclama son image protectrice ; le chamoine fit opposition et Odoarchy lui dŽputa alors un de ses frres Jean Baptiste Trabusbi du diocse de C™me, pour le revendiquer hautement. Canapuchi cda, et renvoya la sainte image ˆ son vŽritable propriŽtaire avec la lettre suivante :

 

Ç  Mon RŽvŽrend Pre, je vous renvoie lĠimage de la sainte Vierge, que vous mĠaviez laissŽe en dŽp™t. CĠest bien malgrŽ moi et tout mon peuple quĠelle vous est rendue ; elle faisait de grands miracles ; elle a chassŽ les dŽmons et guŽri les infirmes. Les paroissiens avec le chapitre avaient fait b‰tir une Žglise pour lĠexposer ˆ la vŽnŽration publique.

En nous lĠenlevant, vous emportez notre cÏur et notre pitŽ. Nous comptions que vous ne la rŽcupreriez pas, persuadŽs que Dieu la destinait ˆ notre ville o il a oprŽ , ˆ son occasion, tant de merveilles. Ne mĠoubliez pas dans vos prires ; vous avez grande part aux miennes.

Je suis mon trs R.P. votre affectionnŽ serviteur

Dominique Canapuchi,

Chamoine et curŽ de la ville de Latre

A Latre, diocse de Montluon

Le 17 juin 1708 È

 

Ce trŽsor avait ŽtŽ restituŽ au anachorte avant sa sortie de Vienne, puisquĠilmontre que sĠŽtant embarquŽ sur le Danube , une barque qui remontait le fleuve avec la sienne, sĠengagea imprudemment dans les courants rapides qui la poussaient contre les Žcueils. PrŽs de lˆ un gouffre immense o se prŽcipitaient les flots tumultueux entrouvrait ses ab”mes. LĠŽquipage en dŽtresse luttait inutilement contre les eaux entra”nantes.

Le P. Arsne, entendant les cris dĠalarme de ses compagnons de voyage, se mit en prire devant son image sacrŽe quĠil emportait dans une caisse. Aussit™t le danger sĠŽvanouit et la barque rejoignit celle du R.P. au grand Žtonnement des nautonniers joyeux et reconnaissants.

D. Arsne assure encore avoir ŽtŽ lui-mme dŽlivrŽ dĠune manire miraculeuse, lorsque, ayant quittŽ les bords du fleuve pour entrer dans une voiture publique et continuer sa route par terre, les chevaux sĠemportrent, le char fut renversŽ et les voyageurs roulrent dans la poussire, meurtris et contusionnŽs. Plusieurs, R.P. et le cocher entre autres Žtaient sur le point dĠtre ŽcrasŽs sous les roues du vŽhicule, lorsque aprs une invocation fervente et rapide adressŽe ˆ la Vierge de Campitelli, deux inconnus se prŽsentrent, ils opŽrrent le sauvetage et disparurent ˆ lĠ instant.

La sainte image se garantit une fois elle-mme contre de sacrilges profanateurs. CĠŽtait un jour de Fte Dieu, lĠan 1715 ; le R.P. se trouvait aux environs de Goblentz, dans un dŽsert o lĠarchevque de Trves dŽsirait pouvoir le fixer. Il se rend ˆ la ville , ce jour lˆ pour assister ˆ la procession. Pendant son abscence des voleurs sĠintroduisirent violemment dans sa cellule et brisrent toutes les armoires, espŽrant y trouver de lĠ argent. La caisse qui renfermait la sainte relique ne fut pas ŽpargnŽe. Au moment o ils la considraient avec des yeux profanes la Vierge parut environnŽe dĠune splendeur Žblouissante . Ce spectacle inattendu les Žpouvanta, et, ils prirent la fuite sans rien enlever. LĠermite de retour, trouva sa maison en dŽsordre , et il aperut des rayons de lumire autour de la sainte image, la cellule en Žtait toute ŽclairŽe. Deux italiens, frres Arsne et frre Jacques Ginet, que le R.P. avait dans sa suite furent les tŽmoins de cette merveille et le chef des brigands interrogŽ peu de temps aprs en fit un aveu qui ne doit pas para”tre suspect, il fut interrogŽ par les sieurs Pierre Fer de Wilich et DieudonnŽ Dulion.

Cet accident ne laissa pas dĠinquiter Arsne sur le risque que courait son trŽsor. Il ne le crut plus en suretŽ dans sa solitude ; il le porta secrtement chez un ami quĠ il avait dans une ville voisine, homme distinguŽ par son rang et sa pitŽ, mais un peu broulliŽ avec la fortune, ses affaires Žtaient dans un dŽsordre qui le dŽsespŽrait ; elles prirent une autre face ds quĠil se vit dŽpositaire du trŽsor; Il Žprouva le sort dĠ ObŽbdŽdon qui possŽda pendant quelques mois lĠArche dĠAlliance quand les Philistins lĠeurent renvoyŽe, le sieur Jean Canaris conseiller de Comme, sur la Moselle, il lĠy a dŽposŽ de fait ainsi que son Žpouse  nommŽe Gertrude.

Mais la providence rŽservait un autre asile au portrait vŽnŽrŽ de la Mre de Dieu. Le solitaire quitte les parages de Goblentz et se dirige vers la Franche ComtŽ. Il arrive ˆ D™le, la ville aristocratique, la ville au Parlement, et lˆ une noble famille, au sein de laquelle la charitŽ la plus large a toujours ŽtŽ une vertu hŽrŽditaire, acceuille lĠanachorte plerin. M. le marquis de Balay lui ouvre sa porte hospitalire. LĠŽclat des vertus du pieux solitaire, bien plus encore que le triste rŽcit de ses dŽceptions et de ses courses infructueuses ˆ travers lĠEurope, attire lĠattention des habitants de la citŽ francomtoise. Un jeune homme de D™le se fait son disciple sous le nom de Dom Issac et le noble marquis leur cde dans sa terre de Marigna, un espace assez grand pour y Žlever une chapelle ˆ sa Vierge bien aimŽe et un ermitage. Le P.Odoardy adresse aussit™t au Roi une requte pour tre autorisŽ ˆ accepter ce don gŽnŽreux. Mais , O DŽception, plus douloureuse encore que la premire, sa demande est rejetŽe (3 mars 1732).

 

Le R.P. Arne ˆ Onoz

 

Nous touchons au moment o notre courageux plerin arrive ˆ sa dernire Žtape.

Tout prs du lac dĠOnoz, au sommet dĠun pic escarpŽ, sĠŽlevait ˆ lĠorient. LĠimposante forteresse de Virechatel. Elle Žtait au XVIII sicle la redoutable rŽsidence de CŽsar de Saix, baron dĠ Arnans, gentilhomme pimontais, qui Žtait venu offrir ses services ˆ la Franche ComtŽ pour la dŽfendre contre les armŽes de Louis XIII.

Le courage chevaleresque et les hauts faits dĠarmes du sire de Virechatel avaient rendu son nom populaire. Arnans et Lacuson Žtaient alors les cris dĠespoir et de ralliement auxquels rŽpondaient tous ceux qui sĠintŽressaient au salut de la patrie menacŽe.

Mais ™ vicissitudes des choses humaines ! Les armŽes de Louis XIII sĠavancent, et le marŽchal de camp du Saix, poursuivi par les manÏuvres de la jalousie, abreuvŽ de dŽgouts et de dŽceptions, accablŽ par le nombre quitte son ch‰teau et se retire de lĠautre c™tŽ de la rivire, sur un plateau solitaire, et lˆ, debout, il a la douleur de voir les flammes dŽvorer sa chre forteresse et dĠentendre les cris de joie de la soldatesque jetant lĠinsulte au courage malheureux (24 a™ut 1639).

Virechatel ne fut complŽtement ruinŽ quĠaprs la conqute. On retrouve le baron dĠArnans guerroyant au milieu de ses ruines, jusquĠau 27 fŽvrier 1674. Ce nĠest quĠˆ cette Žpoque quĠil dispara”t.

CŽsar de Saix sĠŽclipse et dispara”t, laissant ˆ sa famille, avec lĠŽclat dĠun beau nom, sa terre seigneuriale dĠOnoz qui lui avait ŽtŽ apportŽe en dot par Antide HŽlne Morel dĠOrgelet sa premire Žpouse.

La famille dĠArnans originaire de Pignerol, nĠŽtait pas inconnue du P. Arsne. Aussi , ce nĠŽtait pas sans un certain sentiment de fiertŽ que lĠermite en entendait chanter les gloires.

Les enfants dĠune mme patrie se sentent instinctivement attirŽs les uns vers les autres, surtout lorsquĠils sont sur un sol Žtranger. La patrie est une mre, dont les fils sont dĠautant plus unis quĠils sont plus ŽloignŽs de son influence maternelle. P. Arsne , dans lĠabandon et la dŽtresse, se rŽfugia dans ce sentiment patriotique, et ce fut lˆ le principe de son salut et le germe de toutes nos gloires.

Une heureuse pensŽe , en tout semblable ˆ une inspiration, vint traverser son ‰me inquite. Il a lĠheureuse idŽe de demander, pour sa sainte image et pour lui, un coin de terre ˆ ses puissants compatriotes. La demande est agrŽe et le nouveau chef de cette famille (aussi un baron dĠArnans) lĠinvite ˆ venir ˆ Onoz partager sa demeure.

LĠermite reoit avec bonheur cette heureuse nouvelle et fait immŽdiatemment ses prŽparatifs de dŽpart.

De D™le, o il Žtait vraisemblablement restŽ dans lĠintŽrt de sa demande au Roi de France, le P.Odoardy chargŽ de son divin trŽsor, se dirige vers Onoz, avec son disciple. Le chemin ordinaire des pŽlerins sĠoffrait naturellement ˆ lui. Il passa donc par Orgelet, traverse les plaines de France, et sĠenfonce dans le sombre dŽfilŽ qui doit le conduire ˆ son mystŽrieux dŽsert.

Deux montagnes, couvertes de bois Žpais, sĠŽlvent paralllement ˆ droite et ˆ gauche ˆ prs de deux cents pieds. Elles ne laissent ˆ leurs bases quĠun petit espace o se dŽroulent les anneaux tortueux dĠun chemin abrupt et rocailleux. CĠest plut™t le lit dĠun torrent quĠune voie praticable. Des arbres de haute futaie laissent ˆ peine pŽntrer quelques rayons de soleil.

De temps ˆ autres, les fontaines cachŽes dans la mousse offrent aux voyageurs fatiguŽs leurs ondes rafraichissantes. Au deux tiers de la route, les bois se retirent sur la droite, et laissent entrevoir une habitation solitaire qui Žtait comme une sentinelle avancŽe de la sublime forteresse ou la gardienne de lĠentrŽe du dŽsert.

Cependant les montagnes sĠabaissent sous les pas de nos voyageurs, le jour commence ˆ rena”tre, les bois disparaissent. Le miroir du lac scintille, et le sanctuaire de Notre dame, au fond de ce vallon, semble fermer ce mŽlancolique paysage.

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Les deux pŽlerins arrivent ˆ Onoz. Le baron dĠArnans les acceuille avec les Žgards et la respectueuse amŽnitŽ que lui inspirent leurs vertus et leur persŽverance. La maison seigneuriale leur est ouverte. Ils en peuvent disposer pour leur monastre. A peine arrivŽ dans la modeste chambre qui sera dŽsormais sa cellule, le R.P. Arsne se rend au sanctuaire de Notre Dame. Un simple autel sĠŽlve sous lĠarceau de la chapelle de droite, et cĠest lˆ quĠil dŽpose enfin et pour jamais sa prŽcieuse image.

CĠest lˆ quĠil viendra, chaque jour, Žpancher son ‰me, aux pieds de sa Vierge bien-aimŽe, ˆ laquelle, depuis sa jeunesse, il a donnŽ son cÏur et consacrŽ sa vie.

Il nous serait doux de redire ici quelque chose de ce qui sĠest passŽ ˆ lĠombre de cet arceau vŽnŽrŽ. Prires ferventes, vives aspirations, consultations surabondantes du saint anochorte. Dieu seul en est le confident et le dŽpositaire et, semblable ˆ la divine vierge, lĠermite a tout conservŽ dans son cÏur. Voici cependant ce que lĠon nous donne comme sa premire prire :

 

Ç Vierge sainte, au milieu de vos joies glorieuses, nĠoubliez pas les douleurs de la terre; jetez un regard de tendresse et de bontŽ sur ceux qui sont encore dans le souffrance. Luttant contre les difficultŽs et trempant leurs lvres dans toutes les amertumes de la vie. Ayez pitiŽ de lĠenfant qui marche ignorant au devant de tous les dangers du monde; de la mre qui craint de survivre ˆ ceux quĠelle a mis au monde et qui craint aussi de les laisser orphelins de la jeunesse qui pleure chaque espŽrance perdue; de lĠ‰ge mžr qui comprend et qui craint lĠavenir en songeant au passŽ; de la vieillesse imprudente qui entasse jour sur jour sans en peser le prix.

Ayez pitiŽ de ceux qui pleurent, de ceux qui prient, et donnez ˆ tous lĠespŽrance et la paix.

Ainsi soit-il È

 

Ds ce moment, le plerinage ˆ Notre Dame dĠOnoz acquit une grande cŽlŽbritŽ et prit une extension extraordinaire.

La rŽputation de saintetŽ du pieux anachorte sĠŽtait Žtendue de proche en proche jusque dans les contrŽes voisines. Les prodiges nombreux et Žclatants oprŽs par lĠentremise de la cŽleste Vierge avaient attirŽ lĠattention des populations environnantes.

La Bresse, la Bourgogne, le Bugey envoyrent de nombreuses dŽputations ˆ lĠautel de la miraculeuse image.

Que de guŽrisons obtenues, que de malheurs conjurŽs, que dĠŽpouses heureuses et consolŽes, que dĠenfants engendrŽs ˆ la vie de la nature et de la gr‰ce , que de familles comblŽes.

 

Il nous est facile de citer ici des noms propres, dĠindiquer des localitŽs, des d‰tes et mme jusquĠaux demeures de ceux que la bienheureuse vierge a visitŽ dans sa misŽricorde et son amour. Transcrivons textuellement quelques pages de lĠancienne histoire

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Ds que la sainte image a ŽtŽ fixŽe dans lĠŽglise dĠOnoz :

 

Deux infirmes de la paroisse en ont ressenti les premires faveurs.Ils Žtaient entiŽrement perdus lĠun et lĠautre. Le premier, Jean-Baptiste Carel, depuis quinze ans ne pouvait faire un pas quĠˆ lĠaide de deux bŽquilles; le second Claude Masson, ‰gŽ de quatre-vingts ans Žtait clouŽ depuis longtemps sur un lit de douleurs. Ils sentirent leurs forces rena”trent aux pieds de la sainte Vierge ˆ laquelle ils sĠŽtaient vouŽs, aujourdĠhui tous deux marchent fort librement; ils sont venus me rendre compte de leur guŽrison( Claude Masson avait 86 ans ˆ lĠŽpoque o lĠancienne histoire a ŽtŽ mise en Žcriture).

 

Plusieurs tŽmoins oculaires mĠont assurŽ celle dĠun Žtranger qui marchait avec une jambe de bois, la jambe naturelle Žtant repliŽe et soutenue sous cet Žtai. Il la quitta et nĠeut besoin dĠaucun secours pour sĠen retourner. Ce nĠŽtait pas un  mendiant que lĠon pourrait souponner dĠimposture pour exciter la compassion.

 

Le bruit de ces merveilles sĠŽtant rŽpandu, une hospitalire de Louhans, sÏur Royer, entreprit le voyage dĠOnoz. On lĠapporta sur des brancards ˆ lĠŽglise ou les forces lui revinrent de manire ˆ pouvoir marcher sans tre aidŽe de personne. Sa langue empchŽe depuis longtemps reprit lĠusage de la parole. Cent personnes qui lĠavaient trouvŽe perdue et muette, dans le lieu de sa rŽsidence et sur sa route, furent surprises de son changement, et lĠon ne peut sĠempcher de reconna”tre dans sa guŽrison une assistance toute miraculeuse de la main de Dieu.

Les maladies les plus violentes et les plus opini‰tres sont ˆ la vŽritŽ susceptibles dĠun soulagement successif; mais il nĠaura jamais la promptitude et les caractres de celui-ci. Les circonstances du temps et du lieu sont aussi trs remarquables. DĠo vient que la religieuse est soulagŽe dans lĠŽglise dĠOnoz, et prŽcisemment pendant la messe quĠelle y fait cŽlbrer afin dĠobtenir cette faveur ? Si ce miracle nĠa pas le degrŽ de certitude que demande lĠauthenticitŽ catholique, du moins les personnes pieuses et raisonnables ne laisseront pas de se croire fondŽes ˆ lui donner leurs suffrages.

 

Une demoiselle de  la mme ville, Mlle Arnould, nouŽe depuis six ans par un rhumatisme, apprenant la dŽlivrance de lĠhospitalire, se sentit portŽe ˆ demander la sienne. SĠŽtait fait porter devant la sainte image, elle lĠobtint par lĠintercession de Marie. Elle a reconnu , par un tableau quĠelle a fait exposer dans lĠŽglise dĠOnoz quĠelle Žtait redevable aussi dĠautres marques de sa reconnaissance.

 

Une dame de Chalamont dans les Dombes ne crut pas que Marie se borna ˆ ces sortes de dŽlivrances. Elle avait dans une de ses fermes un bŽtail nombreux o la mortalitŽ sĠŽtait introduite. Cette contagion y faisait des progrs rapides; on sĠattendait ˆ une dŽvastation gŽnŽrale. Du moment que la dame eut invoquŽ la sainte Vierge, en faisant un vÏu ˆ son image dĠOnoz, la plaie cessa. On eut dit que lĠange exterminateur, qui frappa les premiers nŽs de lĠEgypte avait remis tout ˆ coup lĠŽpŽe au fourreau et que la colre de Dieu Žtait contrainte de cder aux instances de sa divine Mre. M. de Seissel de Beauretour, Žpoux de cette dame, en rend tŽmoignage dans plusieurs lettres et par un tableau o ce miracle est reprŽsentŽ.

 

Tels sont les faits rapportŽs dans lĠancienne histoire de Notre Dame dĠOnoz, Žcrite et publiŽe sans rŽclamations aucune, sous les yeux mme des personnes exaucŽes. De plus cette histoire est revtue dĠune approbation

 

Mort du R.P. Odoardy

 

Le P. Arsne , acceuilli dans la maison fŽodale dĠOnoz, en avait fait son riche ermitage. Il en avait reu une des chambres ˆ titre de cellule. CĠest lˆ quĠil passa les dernires annŽes de sa longue et pŽnible carrire, dans les pieux exercices de la prire, de la contemplation et de la pŽnitence. Il touchait ˆ sa quatrevingtime annŽe, lorsquĠune maladie mortelle vint sĠ abattre sur ce corps dŽjˆ usŽ par les fatigues et par les rigueurs de la vie cŽnobilique. Sa confiance , sans bornes ˆ sa divine image lui adoucit les dernires angoisses de son agonie. Le chapelet entre les mains, il balbutiait encore quelques prires ˆ sa Vierge de Campitelli, lorsquĠil rendit ˆ Dieu sa   belle ‰me avec son dernier soupir le 2 juin 1736.

 

On montre encore ˆ Onoz la cellule qui fut tŽmoin des derniers moments de ce glorieux serviteur de Marie. CĠest une petite chambre qui ouvre sur la cour, ˆ lĠangle occidental de la maison seigneuriale. Elle a conservŽ jusquĠˆ ce jour, son caractre monacal. Un lit dans une modeste alc™ve, uen table et une chaise de sapin, voilˆ le riche ameublement de cette cellule.

Le rŽvrend P . Arsne , suivant ses dŽsirs exprimŽs dans un testament que lĠon conserve encore ˆ Onoz, fut inhumŽ au pied de sa miraculeuse image. Pendant trente-huit ans, aucune pierre tumilaire nĠindique le lieu de sa sŽpultuyre. Seuls les genoux des pŽlerins, imprimŽs sur le sol marquaient lĠendroit o dormait le saint ermite. Ce ne fut quĠen 1774 que fut gravŽe sur la pierre lĠŽpitaphe suivante quĠon y lit encore :

Ç D.O.M.

AndrŽ Arsne Marie

Odoardy

PiŽmontais de la congrŽgation de St. Issac

 Mort en odeur de saintetŽ ˆ Onoz

Le 2 juin 1736 repose ici

Au pieds de lĠimage miraculeuse de la sainte et apportŽe par lui en ce saint lieu.

Huma tumulum mŽmorix Žjus dicavit Dns Grillet, parochus dĠOnoz die 1 jun 1774 È

 

Quelques contestations sĠŽlevrent au sujet des dispositions testamentaires du saint ermite. Il sĠagissait de quelques reliques prŽcieuses quĠil avait apportŽ dĠItalie, et notamment de la miraculeuse image que sa famille et son disciple osaient revendiquer. LĠ archevque de Besanon intervint, et, le 8 avril 1743, il rendit un dŽcret ainsi conu :

Ç DŽclarons que lĠimage de la bienheureuse Vierge, ci-devant appartenant au feu P. Arsne, prtre ermite de la congrŽgation de Mont-Luc, et comme telle comprise dans lĠinventaire de ses effets, et dŽposŽe entre les mains du sieur curŽ, sera et demeurera ˆ perpŽtuitŽ en lĠŽglise paroissiale dĠOnoz. Permettons quĠelle y soit exposŽe publiquement ˆ la vŽnŽration du peuple È

Ce prŽcieux dŽcret mit fin ˆ toutes les contestations soulevŽes et donna au culte de la divine image une consŽcration canonique.

 

Procession de la Sainte Image(1744 ou 1745)

(manuscrit ancien)

 

M. le curŽ dĠOnoz et son Žglise restaient donc les dŽpositaires perpŽtuels et autorisŽs de la sainte relique. En reconnaissance de ce bienfait signalŽ. M. Courvoisier, alors curŽ conut le projet de porter triomphalement la sŽraphique image dans un sanctuaire voisin. Orgelet fut dŽsignŽ comme le but de cette marche triomphale. Au jour indiquŽ, le peuple dĠOnoz et des paroisses voisines se rendent en hauts de fte au sanctuaire de Notre Dame. Les cloches donnent le signal du dŽpart. La bannire paroissiale est dŽployŽe et ouvre la marche. Les jeunes filles, vtues de blanc, la suivent en chantant des cantiques ˆ la divine Vierge ; les jeunes gens , une fleur des champs dans la main ou ˆ la boutonnire, en redisent les refrains joyeux. Les hommes, les femmes, chargŽs des provisions de la journŽe, les vieillards le b‰ton ˆ la main, environnent la sainte image qui resplendit sur la poitrine du pasteur. La joie et lĠallŽgresse sont dans tous les cÏurs.

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Cependant les longues files de ce cortge sĠenfoncent dans les gorges de France. Les chants alors se multiplient, les voix se dŽcuplent et saluent de loin la Mre de Dieu qui sĠavance dans ces solitudes sonores.

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

 Les montagnes elles-mmes semblent saluer la Mre de Dieu ˆ son passage ; leurs Žchos redisent longtemps les hymnes de triomphe de ces heureux villageois. On traverse la plaine de France, et lĠon arrive ˆ la hauteur de lĠermitage de Charles de ST.Mauris qui fonda lĠermitage dĠOrgelet en avril 1622.

De lˆ, la ville dĠOrgelet, assise en circuit au pied de la montagne que couronne son ch‰teau en ruines, appara”t presque toute entire ˆ leurs regards. Les maisons ; son monastre ( les bernardines firent leur entrŽe ˆ Orgelet le 7 dŽcembre 1652 un mardi ) , sa vaste Žglise avec son beffroi aŽrien se laissent voir au-dessus des remparts qui les enveloppent de leur ceinture gris‰tre. Le bourdon de Notre Dame de Gr‰ces fait entendre sa voix puissante et solennelle, et salue de loin la Mre de Dieu qui sĠavance.

Aux portes de la ville se prŽsente M. Muyard, curŽ, environnŽ des vingt-quatre prtres de corporation des familliers et dĠune foule imposante. LĠacceuil le plus empressŽ et le plus respectueux est fait ˆ la cŽleste image ainsi quĠˆ son pieux cortge. Un cri dĠamour et de joie sĠŽchappe de toutes les p™itrines : Ave MaristellaÉ, et cĠest au chant de cet hymne sacrŽ que la sainte Madone de lĠermite italien est portŽe triomphalement ˆ lĠŽglise, o elle demeure exposŽe aux regards et ˆ la vŽnŽration des fidles jusquĠau moment du retour.

Aprs quelques heures de repos, le bourdon se fait entendre de nouveau ; cĠest le signal de dŽpart.Les jeunes filles de la ville, dans leurs blanches parures, les corporations religieuses, les frres de la Croix, ave c leurs costumes orientaux, les capucines qui sĠŽtablirent ˆ Orgelet en 1718. Le ClergŽ tout entier, viennent grossir le cortge de la miraculeuse Vierge. Une procession imposante se dŽveloppe ˆ travers les rues et les places de la ville , au chant du Te Deum, et reprend le chemin dĠOnoz, jusquĠˆ lĠermitage.

Sur le versant de cette petite colline, la foule se prosterne, et la divine Vierge bŽnit la ville quĠelle vient de visiter et ses habitants receuillis ˆ ses pieds.

CĠest le moment de la sŽparation. Les bannires de la ville regagnent leurs Žglises respectives, et celle dĠOnoz prend la tte du retour.

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Telle fut cette journŽe si pieusement joyeuse et si pleine de douces Žmotions.

 

Le sacrilge

 

A ce point de notre rŽcit, nous sentons une douleur immense qui envahit notre ‰me; notre main tremble et notre cÏur se dŽchire; un  nuage de terreur et dĠŽpouvante obscurcit notre pensŽe; cĠest ici quĠil faudrait cl™re cette histoire !!!!

Eh quoi ! ˆ vingt ans de cette marche triomphale, il fut un jour o notre image bien-aimŽe. La Vierge de nos cÏurs, reprit le mme chemin; mais cette fois –ci, pour ne plus revenir. Le rŽcit de cette triste journŽe est au-dessus de nos forces. Nous dŽposons notre plume et nous laissons aux tristes hŽros de cet enlvement sacrilge, le soin de raconter leur honte et de consigner dans un ignoble monument lĠexpression authentique de leur ignorance, de leur audace et de leur noire ingratitude.

 

Extrait du registre des dŽlibŽrations de la commune dĠOnoz ( verso de la page 71)

 

Ç AujourdĠhui 24 ventouse lĠan second de la rŽpublique franaise une indivisible (14 mars 1794, vendredi ) en vertu dĠune signification en d‰te du 23 du courant par les ordres qui ont elle remis au citoyen Levrat lieutenant de la gendarmerie nationale, en vertu des ordres qui lui ont ŽtŽ transmis par le reprŽsentant du peuple franais Lejeune requŽrant lĠagent national de la commune dĠOnoz dĠavoir sous sa responsabilitŽ personnelle ˆ dŽlivrer et ˆ faire remettre au citoyen Guirant gendarme porteur des prŽsentes, la ci-devant Vierge dite dĠOnoz ainsi que tous ses attributs grille etcÉ

Nous maire et agent national Žtant accompagnŽs de notre greffe ordinaire pour nous conformer aux ordres du citoyen franais Lejeune avons dŽlibrŽ de lui remettre ˆ lĠinstant tous les objets ci-dessus mentionnŽs. Et pour cet effet nous nous sommes transportŽs chez le citoyen Grillet, ˆ lĠinstant nous a remis la clŽ et un livre en langue inconnue ˆ nous et ˆ lĠinstant nous avons remis les dits effets au citoyen gendarme ci-dessus dŽnommŽ et avons en mme temps ordonnŽ quĠil serait accompagnŽ par un piquet de notre garde nationale jusquĠˆ telle distance quĠelle jugerait ˆ propos.

Ainsi fait ˆ Onoz en notre salle ordinaire les ans, mois et jours que dessus.

Poulet municipaux, Muyard maire, Bernard municipaux Meynier agent. C. Buffet , C. Greffie È

 

Voilˆ cette page honteuse o la faiblesse la plus l‰che le dispute ˆ lĠignorance la plus grossire.

Eh quoi ! fiers rŽpublicains, une image pse trop ˆ votre orgueilÉ, et vous tremblez ! La Vierge divine qui protŽgeait vos demeures et vos familles, vous la chassez ! Elle Žtait la gloire et lĠhonneur de votre pays et vous renoncez ˆ cette sublime et pacifique distinction que nous enviaient les localitŽs voisines !

Vous dŽpouillez et vous humiliez ce peuple quĠelle avait protgŽ et ŽlevŽ ! Et vous vous dites les amis du peuple ! Non seulement vous avez rŽpudiŽ celle qui nous comblait de faveurs spirituelle, mais vous avez renoncŽ aux richesses que vous apportaient les milliers de pŽlerins qui affluaient dans vos murs ! Vous avez appauvri ce peuple et vous vous dites ses amis !

Eh quoi ! Dans ces circonstances si douloureusement solennelles o dĠordinaire, tous les courages se redressent, o tous les instincts gŽnŽreux se rŽveillent, o le patriotisme sĠenflamme, pas un homme de bon sens pour parler au nom des intŽrets du pays; pas un homme de cÏur pour repousser ce vandalisme sacrilge, pas une main assez adroite pour opŽrer une subtitution; pas une voix assez intelligente pour demander un sursis; pas un homme assez fort et assez indŽpendant pour opposer la plus petite rŽsistance !

Oh cette page insensŽe sera lĠŽternelle honte du pays dĠalors. Il faudrait un  torrent de larmes pour effacer ces lignes coupables. Du reste les signataires de cet odieux factum sont descendus dans la tombe ; Dieu les a jugŽsÉsilence !!!

 

On dit que le lendemain, la miraculeuse image fut bržlŽe sur la place publique dĠOrgelet.

 

Le plerinage actuel

 

 

Si la sainte image que la pitŽ des sicles, en Italie, en Autriche et en France , avait consacrŽe et avait rendue chre au peuple, ne peut Žchapper ˆ la prescription dĠun reprŽsentant de la rŽpublique en dŽlire, la puissance de la divine Vierge et son action miraculeuse sur ses dŽvots serviteurs ne souffrirent aucune atteinte des attentats de cette rage aveugle. Celui qui est dans les cieux sĠest moquŽ de leurs vains efforts. Les malheureux avaient oubliŽ quĠils sĠattaquaient ˆ Celle qui est plus redoutable que les troupes les plus disciplinŽes et plus forte que les armŽes rangŽes en bataille.

La sainte Vierge avait choisi le sanctuaire dĠOnoz pour la manifestation de sa protection puissante et de son amour sans bornes pour les humains. Des mŽchants lui ont intimŽ lĠordre de quitter sa demeure. Elle ne leur a pas obŽi. Que de solennelles et Žclatantes actions de gr‰ces lui soient rendues.

Son sanctuaire est debout, son autel vŽnŽrŽ nous reste; le pieux solitaire qui dort encore ˆ ses pieds, ces murs sacrŽs, tŽmoins muets de tant de prodiges, nous parlent encore Žloquemment de sa puissance; de nombreux pŽlerins les frŽquentent encore. Toutes les misres physiques et morales sĠy donnent rendez-vous. Toujours mmes prires exaucŽes; toujours les mmes consolations, mmes soulagements, mmes espŽrances. Il nous souvient dĠavoir vu de nombreux  ex veto, simples, modestes, pauvres il est vrai, mais prŽcieux tŽmoins de la foi et de la reconnaissance des pŽlerins consolŽs.

Et puis ne possŽdons – nous pas lĠimage vŽritable de la sŽraphique Vierge de Campitelli ?

Elle nĠest plus ˆ la vŽritŽ peinte sur un bois de cyprs, mais elle est gravŽe sur le cuivre ; ce cuivre a touchŽ lĠimage du saint anachorte, et notre foi nĠest pas en dŽfaut lorsque nous honorons cette sainte relique.

Au reste, tout ežt-il disparu: sanctuaire, autel, image, tombe et cellule du saint ermite, tout ce pays se fžt-il effondrŽ et fžt-il devenu un dŽsert, que si la reine du Ciel veut y maintenir sa demeure, elle nĠen sera pas chassŽe par la puissance des ba”onettes et encore moins en vertu dĠune dŽlibŽration rŽpublicaine .

Oui le sanctuaire dĠOnoz est toujours la demeure chŽrie et vŽnŽrŽe de la Mre de dieu, de la reine des anges et des hoimmes.

QuĠil nous soit permis de redire en finissant, les impressions dĠun simple plerin qui, au jour du dernier pŽlŽrinage original ( 21 aožt 1873 ), avait lĠinsigne honneur de porter la parole devant une foule immense rassemblŽe autour de la montagne o sĠŽlve aujourdĠhui la statue moderne de notre divine Mre.

Ç Si remontant moins haut, je me reporte aux premiers ‰ges de ma jeunesse (1825 ) , il me souvient dĠavoir vu, aux jours de ftes de la bienheureuse Vierge, notamment ˆ la fte de sa NativitŽ, il me souvient , dis-je dĠavoir vu passer, dans ma vieille citŽ natale, des groupes nombreux de pŽlerins se dirigeant vers le sanctuaire dĠOnoz.

Modestes et pieux voyageurs, ils venaient des plaines de la Bresse, dĠune distance de plusieurs jours, le b‰ton de plerin ˆ la main droite, un chapelet ˆ la gauche et le sac blanc de provisions sur lĠŽpaule; ils marchaient, ils priaient, ils espŽraient. Etaient-ils attardŽs ou surpris par la nuit, ils ne cherchaient pas dĠautres lieux de repos que le porche ogival de lĠŽglise de Notre Dame dĠOrgelet. Le lendemain ˆ la premire aurore, aprs avoir saluŽ Notre Dame de Gr‰ces, ils reprenaient leur chemin.

Qui de nous, mes chers compatriotes, mes contemporains, nĠa pas vu ces prodiges de la foi catholique o nĠen a pas entendu parler ?

Bergers des localitŽs voisines, dites-nous sĠil nĠest pas vrai quĠaux jours de fte de Notre Dame dĠOnoz, vous choisissiez les plaines de France, de prŽference ˆ toutes autres, pour faire pa”tre vos troupeaux afin de jouir de lĠŽdifiant spectacle de ces groupes receuillis se dirigeant pleins dĠespŽrances , vers le sanctuaire dĠOnoz ?

Et vous habitants du dŽfilŽ de France, dites-nous  sĠil nĠest pas vrai que ces groupes pieux aprs avoir gravi les pŽnibles rampes de la fort, alors que leur apparaissait ce sanctuaire si dŽsirŽ, dites-nous sĠils ne se prosternaient pas ˆ genoux, sĠils ne couvraient pas de baisers cette terre bŽnie de laquelle ils devaient remporter les fruits de salut et de bŽnŽdictions. È

 

Oh o sont-ils ces jours heureux ? Se sont-ils envolŽs pour toujours avec les charmes quĠils apportaient ?

Non mes frres, la puissance de la Reine du ciel ne sĠest pas amoindrie, la vierge dĠOnoz nĠa rien perdu ni de sa bontŽ ni de son pouvoir. Pieux et vŽnŽrŽs pŽlerins, mes bien-aimŽs frres, il me semble que des jours plus heureux vont se lever sur nous. NĠest-il pas vrai que nous rvons dŽjˆ de consolantes espŽrances ?

 

Ç O France, ™ ma patrie, la face auguste a ŽtŽ meurtrie, mais non dŽshonorŽe, ton sol a ŽtŽ souillŽ sous le talon dĠune botte insolente, tes richesses se sont amoindries; et, plus que cela, ta gloire, quatorze fois sŽculaire, sĠest ŽclipsŽe dans le sang de tes gŽnŽreux enfants. Ah ! loin de toi les dŽfaillances de la faiblesse, sache comprendre les avertissements du Trs-Haut; reviens, reviens ˆ la foi pratique de tes anctres; conserve lĠespŽrance; car tu le vois, il te reste encore des enfants pour prier, des cÏurs pour tĠaimer et des bras pour te dŽfendre. È

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Litanies de Notre Dame dĠOnoz

 

Seigneur, ayez pitiŽ de nous ;                  ayez pitiŽ de nous

JŽsus ,ayez pitiŽ de nous ;                       priez pour nous

Seigneur , ayez pitiŽ de nous ;

JŽsus , Žcoutez-nous ;

JŽsus Žxaucez-nous ;

Fils cŽleste , qui tes Dieu ;

Fils rŽdempteur du monde, qui tes Dieu ;

Esprit saint , qui tes Dieu ;

Sainte TrinitŽ, qui tes un seul Dieu ;

Sainte Marie ;

Sainte Mre de dieu ;

Vierge, la gloire de Campitelli ;

Vierge, dĠor et de saphir ;

Vierge, resplendissante de lumire ;

Vierge, apportŽe ˆ la terre par les sŽraphins ;

Vierge, dŽposŽe par eux dans les bras du Saint Pre ;

Vierge, bŽnie par ses mains vŽnŽrŽes ;

Vierge, dĠun saint ermite ;

Vierge, espoir de la France ;

Vierge, prŽservatrice de toute contagion ;

Vierge,dŽpositaire des faveurs du Ciel ;

Vierge,secours des naufragŽs ;

Vierge,ma”tresse des vents et des orages ;

Vierge,soutien du voyageur ;

Vierge,espŽrance des Žpoux fidles ;

Vierge,tutrice des enfants pieux ;

Vierge,protectrice de nos montagnes et de nos vallŽes ;

Vierge,gardienne de nos maisons ;

 

Vierge,divine bergre de nos maisons ;

Reine des cieux ;

Reine de lĠEglise ;

Reine dĠOnoz ;

 

Agneau de Dieu, qui effacez le pchŽ du monde ;

Pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez le pchŽ du monde ;

Exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez le pchŽ du monde ;

Ayez pitiŽ de nous,Seigneur.

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0 File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

File written by Adobe Photoshop¨ 4.0

 

Oraison

(telle quĠelle se trouve au bas de la sainte image)

 

Souvenez-vous, Vierge Marie, ma bonne Mre, quĠil est inoui que vous ayez jamais abandonnŽ aucun de ceux qui ont eu recours ˆ vous dans leur besoin, plein de cette confiance, je rŽclame v™tre protection, ne refusez pas dĠŽcouter mes soupirs, dĠexaucer mes prires et de vous rendre propice ˆ mes vÏux.

Ainsi,soit-il.

 

Chant de lĠermite ˆ son arrivŽe ˆ Onoz

 

JĠai visitŽ plus dĠune plage,

ChargŽ de mon divin trŽsor ;

Aucune, ˆ ma cŽleste image ;

Ne put offrir un heureux port ;

Vous le vouliez ainsi,ma Mre ;

CĠest votre astre que jĠai suivi ;

Onoz Žtait le sanctuaire ;